Rupture

On nous transforme

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samedi 20 janvier 2007

Je reviens sur mon article du 9 de ce mois, "L’unité perdue et l’autorité parentale", plus particulièrement sur cette phrase : « Quand le monde dérape, les enfants croient mieux tenir debout que leurs parents parce qu’ils accompagnent le mouvement ; ils rient, en chutant, de leurs vieux qui sont encore debout… » Cette phrase peut être lue de différentes façons, je le crains parce que toutes ne sont pas forcément bonnes. Elle fait référence à un phénomène dont a déjà été "victime" ma génération, il y a trente-quarante ans, et n’est donc en rien une accusation de la dernière génération. Ce phénomène, c’est la réception des nouvelles marchandises et de nouveaux principes de vie. Du temps de mon adolescence, il s’agissait des chaînes hi-fi et des disques vynils, des voitures, du Sexe (sea, sex and sun…) ; aujourd’hui nous en sommes aux mp3 et aux appareils nomades, à une certaine "écologie", et au Sexe.

A une certaine "écologie", oui, en fait un piège nauséabond, aussi puant que ce qu’il prétend soigner, et fait pour continuer de produire en séries des voitures – mais propres, des emballages – mais recyclables, des aliments tout préparés et prémâchés – mais bios, etc. Mais nous sommes cependant toujours tenus de renouveler nos voitures régulièrement et de les utiliser beaucoup pour aller à l’usine toujours produire un peu plus chaque jour. Et ces voitures s’usent toujours aussi vite, non parce que nous ne saurions pas en faire de plus durables mais parce que notre économie demande à ce qu’elles soient renouvelées souvent. Comme nos machines à laver, comme nos télés, etc. Il parait qu’il n’y a pas assez de travail pour tout le monde, et pourtant nous produisons et usons beaucoup trop. Et pour cela nous écrasons plus de la moitié du Monde.

Au Sexe, oui aussi, largement marchandisé, créé pour être marchandisé ; ce Sexe est une invention de la bourgeoisie (lire "Sexe mécanique. La crise contemporaine de la sexualité" de Dominique Folscheid).

Aux disques et aux mp3, oui ; s’il est agréable d’écouter de la musique chez soi, en voiture… tout en vaquant à ses occupations nombreuses et frénétiques, il est mille fois plus agréable de chanter, et de chanter en prenant le temps de vivre.

 
Ce faisant on nous transforme ; en même temps que se fabrique un nouveau paysage il se fabrique une nouvelle pensée pour nous, avec aussi ces sentiments. L'évolution n'est plus, place à l'élaboration technique. La politique n'est plus, place à la gouvernance… La vie n'est plus, place à la machine. L'ère industrielle capitaliste n'est plus, place à l'ère technicienne.
(Bon, là je me suis peut-être laissé emporté par mon sujet, et suis allé plus vite que la Machine elle-même ; il reste que l'homme primitif est – définitivement – bien loin de nous)

 

 

(note ajoutée le 15 mai 2011) Bien loin de nous, l’homme primitif ? Oui et non, car, en même temps, il a laissé bien des traces encore vivantes en nous !

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