Une âme parmi les autres

Un bain de féminité

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lundi 12 janvier 2009

Ah ! il faut que je vous dise ! ce week-end j’ai pris un grand bain de – comment dire ? – un grand bain de féminité. Il y avait bal samedi soir et dimanche après-midi. Samedi, l’affiche du bal était si attirante que beaucoup d’amateurs exigeants étaient là, et entre autre une part non négligeable des femmes qui un jour ou l’autre eurent un faible pour ma modeste personne (tant il est vrai que je n’ai jamais fréquenté autant de ces divines créatures que depuis que je sors régulièrement danser, c’est-à-dire depuis huit ou neuf ans).
Et puis dimanche, s’il y avait moins de monde il y avait en revanche au moins deux femmes pour un homme, et l’une de mes préférées était là (je dirais bien qu’il s’agit de ma préférée, je crois que je ne mentirais pas et ça lui ferait plaisir si jamais elle tombe un jour sur ce blog ; mais bon, on ne sait jamais, c’est peut-être son mari qui tombera le premier dessus…).
Elle était là, donc, ce qui est rarissime, et nous avons un peu parlé. Très très peu à vrai dire, car en fait nous n’avons pas grand chose à nous dire alors que j’aime parler, elle aussi probablement. Mais nous deux, nous nous parlons juste pour jouir de la voix de l’autre, comme nous nous regardons pour jouir du regard de l’autre… je trouve en elle la féminité que je cherche, et elle trouve… je ne sais pas quoi.

Bref, j’ai l’air de plaisanter, mais pourtant c’est vrai et terriblement important pour moi : j’ai trouvé samedi et surtout dimanche quelque chose qui me fait un bien immense, que je ne risque évidemment pas de trouver dans la pornographie et que je crois pouvoir appeler la féminité. Bien sûr, cette sinistre industrie que je viens de mentionner n’incorpore pas non plus dans ses productions la moindre trace de masculinité, le Sexe ne connait pas ces deux mystérieux aspects de l’humanité, contrairement à la sexualité.
Vous me suivez ? J’ai bien peur que non, il faudrait sans doute que je développe un peu ma pensée ici, mais je le ferai plus tard, petit à petit, peut-être [1].

Pourquoi dis-je tout cela ici, et trop rapidement en plus, sans mettre un petit peu en forme mes idées et mes sentiments ? parce que, si j’ai moins profité de ce bain samedi, c’est que j’avais – un peu plus que dimanche – une tête de sexolique… Oui, je ne vais pas toujours très bien, et c’est pourquoi il m’a semblé bon de raconter l’immense bienfait qui m’est arrivé ce week-end.

Immense, oui. Je suis sûr que si je pouvais prendre un tel bain, disons… trois fois par semaine, je guérirais rapidement et en moi l’appétit sexuel se réconcilierait avec l’attirance vers la féminité (il parait que la pornographie peut induire une telle séparation entre ces deux instincts, mais chez moi la séparation – incomplète et, heureusement, réversible – a été préalable, elle remonte à mon enfance, sauf erreur peu probable).

Ceci est écrit vite fait, ce qui n’est pas mon habitude, mais je vais au turbin demain matin et j’ai besoin de dormir, et j’ai perdu du temps à chercher, en vain, une vidéo capable d’illustrer un peu mon propos (je la trouverai sans doute un jour en cherchant autre chose).

[1En attendant, je vous conseille la lecture d’un passionnant bouquin de Dominique Folscheid, Sexe Mécanique, dont voici un court résumé :

«  Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce que nous appelons aujourd’hui "le sexe" est une nouveauté.
Il constitue une expression privilégiée de la figure historique de la sexualité humaine actuellement dominante, caractérisée par la dissociation, l’objectivation, l’extériorisation et la mécanisation, toutes formes de réduction dont le moteur est la volonté de toute-puissance et de toute jouissance de l’homme moderne. Captant ce qu’il y avait de plus précieux dans l’émergence de la liberté individuelle, l’égalisation des hommes et des femmes et la promotion de l’érotisme sexy, le sexe s’est constitué en dispositif, structuré par une logique impérialiste.
Il a envahi l’imagerie publique et remodelé notre imaginaire sexuel. Il a suscité l’apparition d’un nouvel Olympe de référence, peuplé de top models et de sex-symbols. Constitué en discours, il est devenu sexologie, qui se traduit dans le parler ordinaire sous forme sexophonique, agent de réduction et source de violence. Avec le porno pour paradigme, il a transformé le séducteur en baiseur. Il a imposé un nouveau type de liberté, la liberté libérée, qui ne nous laisse d’autre choix que de consentir à ce que le sexe exige.
Pour être dans le ton et dans le vent, il ne s’agit plus d’aimer, même plus de "faire l’amour", mais de "faire du sexe".  »

Aussi surprenant que cela puisse paraître, je n’ai pas du tout envie de "faire du sexe".

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