Peuples sans limites

L’immonde dénominateur commun du racisme et de l’antiracisme

Accueil > Points de vue > Peuples sans limites > L’immonde dénominateur commun du racisme et de l’antiracisme

vendredi 6 mars 2009

Je parlais l’autre jour du meurtre de l’autre… Hélas, si seulement l’on s’en tenait là ! Mais non, il faut que les communautés humaines reproduisent à leur échelle ce meurtre et commettent, communautairement, le meurtre du peuple autre. Symboliquement ou… réellement.

Cela ressemble à une loi de la nature – tout comme la lutte des classes dont je parle ailleurs –, une loi de la nature que seule l’intelligence, une certaine intelligence morale, est capable de contrer.

Mais que voit-on depuis des décennies à ce sujet, en guise d’intelligence morale ? Rien qu’un obscur débat sur l’existence éventuelle de plusieurs races humaines. Un débat parfaitement ridicule car, comme l’a fait remarquer il n’y a pas très longtemps un lecteur du monde.fr, la race est un concept d’élevage, un concept qui n’est par conséquent pas applicable à l’espèce humaine… du moins pour le moment.

Oui, au lieu de se demander s’il serait moral, pour l’espèce humaine, de mépriser une autre espèce à culture, à société complexe, si par hasard nous en rencontrions une, au lieu même de se poser cette simple question : avons-nous le droit moral de vie et de mort sur les autres êtres vivants, en particuliers sur les autres êtres pensant, nous passons notre temps à nous balancer des arguments pour ou contre le racisme. Ou, plus exactement, des antiracistes s’évertuent à essayer de convaincre des supposés "racistes" que les races humaines n’existent pas. Pourquoi ? parce qu’il y a un siècle et plus des racistes s’évertuaient à convaincre les populations que les races existaient.

Mais, loin des hautes sphères d’où émanent les mensonges, beaucoup plus bas, là où sont tombées et continuent de tomber ces propagandes successives et contradictoires, qu’y a-t-il ? Le peuple obscur. Des gens. Et parmi ces gens…
Cet après-midi je travaillais avec un collègue ouvrier maraîcher (je suis moi-même simplement saisonnier, cela me suffit bien !). Notre premier ouvrage (si j’ose m’exprimer ainsi), notre premier labeur terminé, nous nous sommes rendu sur un autre chantier. En y arrivant nous avons eu la surprise de voir un groupe de cinq ou six inconnus qui observaient le site et nos collègues au travail. Ces personnes étaient visiblement des étrangers… à l’exploitation maraîchère et à la commune [1]. Le tracteur arrêté, mon coéquipier qui conduisait a regardé ce groupe avec un tel regard foudroyant, soupçonneux, hostile, que j’ai entendu l’un des membres du petit groupe dire aux autres « Marchez ! », et ils ont rapidement regagné leur voiture.

Le meurtre de l’autre, encore une fois. Une constante des sociétés humaines, hélas.

Ce sympathique collègue dont je parle – c’est vrai qu’il a des côtés fort sympathiques, c’est un compagnon de travail agréable, beaucoup plus bête que méchant –, cet homme jovial est aussi ce qu’il est convenu d’appeler depuis un siècle un "raciste". Mais de l’existence ou non de races humaines il se fout complètement, il est parfaitement étranger à ce débat. Lui, il se contente de perpétuer le meurtre de l’autre, avec une intensité simplement un peu particulière.

 
Les antiracistes sont comme des aveugles parlant à des sourds. Et tout se passe comme s’ils avaient pour fonction d’occulter le vrai débat, celui qui importe : le meurtre de l’autre est-il moralement légitime ? Parce que la position antiraciste est de dire "Tous les hommes, tous les peuples sont également honorables parce qu’il n’y a pas de races" et, conjointement, de condamner les massacres, non parce que ce sont des massacres, mais parce que ce sont des "génocides" – ce qui serait du plus haut comique s’il n’y avait ces millions de cadavres : le "génocide", un concept antiraciste ?!!

Bref, l’antiraciste laisse entendre qu’il est légitime de tuer l’autre s’il n’est pas comme nous puisqu’il dit seulement que ce n’est pas légitime s’il est prouvé qu’il est comme nous. L’approbation du meurtre de l’autre est donc le commun dénominateur du racisme et de l’antiracisme. Et en plus l’antiracisme est sans cohérence. En effet, pourquoi serait-il plus grave, d’un point de vue antiraciste, de massacrer tous les juifs plutôt que tous les capitalistes, tous les arméniens plutôt que tous les socialistes ? Je ne vois pas, mais je suis peut-être un déficient mental…

Ce qui est immoral, c’est le massacre et non pas la raison invoquée pour le perpétrer. Ce qui est immoral est le meurtre de l’autre.

Et ce qui est sublime, chez l’espèce humaine, c’est d’avoir créé cette morale qui s’oppose parfois à ses instincts de survie. Dommage qu’elle l’oublie.

P.-S.

A propos de racisme et d’antiracisme, voir aussi sur ce site L’utilité politique du racisme.

[1"étrangers à la commune", ce détail sautait aux yeux de mon collègue qui habite à deux pas d’où nous nous trouvions. Je suis moi-même un étranger à ses yeux : j’habite à 30km  !

Réagir à l'article :
LE DEVENIR
SPIP | squelette | Se connecter | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0