Extraits

Bye bye turbin ou des tables trigonométriques et de quelques formules à l’usage des ouvriers métallurgistes
Editions Champ Libre, Paris, 1973

Une odeur de fleur d’oranger

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dimanche 11 mars 2007

« "L’histoire jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire des luttes de classes." (Marx et Engels, Manifeste du Parti communiste.)

Engels précise plus tard :
"(…) plus exactement de l’histoire écrite. En 1847, l’histoire de l’organisation sociale qui a précédé toute l’histoire écrite, la préhistoire était à peu près inconnues. Depuis, Haxthausen a découvert en Russie la propriété commune de la terre. Mauser a démontré qu’elle était la base sociale d’où sortent historiquement toutes les tribus allemandes et on a découvert, petit à petit, que la commune rurale, avec possession collective de la terre, a été la forme primitive de la société depuis les Indes jusqu’à l’Irlande."

Depuis, bien d’autres ont contribué à éclaircir l’histoire de la préhistoire et à replacer l’homme dans un mouvement qui dépasse l’« histoire écrite ».

Cependant, la majorité des idéologies de gauche tient pour absolu et universel le concept de lutte de classes. Il ne s’applique pourtant qu’à une courte période de l’histoire humaine. Les individus isolés ne forment une classe que pour autant qu’ils doivent mener la lutte en commun contre une autre classe ; pour le reste, ils se retrouvent en ennemis dans la concurrence.

Si l’histoire humaine est l’histoire des luttes de classes ; si ces luttes de classes sont aussi inhérentes à la société humaine que le fait de respirer ou de faire l’amour, il est inutile d’essayer d’en sortir. Par bonheur les luttes de classes ne se font jour qu’avec l’existence des classes.

[…]

L’histoire de la société humaine n’est pas l’histoire des luttes de classes mais l’histoire de la lutte pour l’existence, pour la satisfaction des besoins biologiques des hommes.

Au sortir du stade animal, résultat d’une longue évolution imposée par les circonstances naturelles ambiantes, l’homme est amené à ne plus seulement utiliser la nature mais à la transformer.

L’ « animal-homme » qui menait une vie relativement harmonieuse (harmonie animale en fonction de la consommation directe de la nature qui pouvait être remise en question à chaque instant du développement de cette nature) est amené à aliéner la nature en s’aliénant lui-même, sous la pression de circonstances extérieures nouvelles.

C’est cette aliénation de la nature qui transforme l’animal qui subit en homme qui se subit. »
Yves Le Manach, notes probablement écrites en 67 ou 68 « en cachette sur le coin de l’établi, dans les chiottes de l’usine, sur un strapontin de métro », éditées en 1973 sous le titre bye bye turbin.

 

(Une odeur de fleur d’oranger est le titre du chapitre d’où est extrait ce passage. Je n’en ai pas trouvé de meilleur.)

(note du 11 décembre 2009) Sur le concept de lutte des classes, voir mon point de vue dans De la lutte des classes et Révolution et lutte des classes.

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