Grand Dictionnaire Universel (Larousse du XIXe)
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JOVINIANISTE s. m. (jo-vi-ni-a-ni-ste). Hist. relig. Membre d’une secte fondée par Jovinien, moine du IVe siècle. || On dit aussi JOVINIEN

- Encycl. Les progrès continuels que faisait la superstition poussèrent certains hommes hardis, honnêtes et convaincus à employer leurs efforts et leur zèle pour remettre l’Eglise sur la bonne voie. Leurs travaux ne servirent qu’à les exposer au blâme et à l’infamie ; ils furent partout dénoncés et honnis comme hérétiques. Groupés autour de l’austère et savant Jovinien, ils enseignèrent à Rome, à Milan, enfin dans toute l’Italie, que tout ceux qui observaient les vœux de leur baptême et qui vivaient conformément aux règles de la vertu et de la piété prescrites par l’évangile étaient assurés de leur salut ; et qu’en conséquence ceux qui passaient leur vie dans le célibat, dans les mortifications et les jeûnes, n’étaient pas plus agréables à Dieu que ceux qui vivaient honnêtement dans les liens du mariage, et qui se nourrissaient d’une manière sobre et modérée.

Les jovinianistes, partant de cette idée que le mariage est aussi saint que le célibat, ne croyaient pas à la virginité de la mère de Jésus-Christ ; sans quoi, il faudrait admettre comme les manichéens, disaient-ils, que Jésus-Christ n’a pas eu un vrai corps humain, mais une chair fantastique. Ils pensaient que la grâce donnée par le baptême est égale dans tous les hommes, et le principe de tous leurs mérites ; que tous ceux qui la conserveront jouiront dans le ciel d’une récompense égale. Ils soutenaient encore, comme les stoïciens, que tous les péchés sont égaux. Plusieurs de ces dogmes sont devenus, au XVIe siècle, ceux des apôtres de la Réforme. Ils eurent beaucoup de succès dans les Eglises italiennes, et le nombre des jovinianistes croissait de jour en jour, lorsque l’Eglise de Rome crut devoir aviser. L’évêque de Rome, Sirice, condamna solennellement ces erreurs, et, en 390, un concile tenu à Milan, sous la présidence de saint Ambroise, les anathématisa.

L’empereur Honorius employa le bras séculier pour seconder l’autorité des évêques, et n’opposa aux raisons des jovinianistes que la terreur des lois pénales. Leur chef Jovinien fut banni dans l’île de Boa. Il consigna ses opinions dans un livre qui, soigneusement détruit par l’orthodoxie, n’est pas venu jusqu’à nous. Nous ne le connaissons que par un écrit plein de fiel que saint Jérôme composa pour le réfuter. Saint Augustin a attaqué l’hérésie des jovinianistes dans son grand ouvrage Sur les hérésies ; saint Ambroise, dans ses Epitres, etc.

 
JOVINIEN, hérésiarque romain du IVe siècle. Il était moine à Milan, lorsqu’il quitta le cloître et prêcha la doctrine à laquelle il a laissé son nom et dont nous venons de parler. Jovinien mourut en exil, vers 412.

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