Questions sur la science, questions scientifiques

Une interprétation non standard (2)

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dimanche 23 mai 2010

Monsieur Alexis de Saint Ours, qui "enseigne la philosophie des sciences" à l’Université Paris-VIII-Saint-Denis, prétend qu’en 1905 « Einstein montre que des énoncés du type "il s’est produit simultanément une explosion sur Terre et dans la galaxie d’Andromède" sont dénués de sens » [1]. C’est une façon de voir. Einstein a surtout montré, me semble-t-il, que l’idée de simultanéité était dénuée d’intérêt pratique pour la simple raison que nous ne sommes généralement pas capables (pour le moment), d’en établir l’existence, c’est-à-dire de faire des mesures qui nous permettraient d’affirmer que deux événements sont simultanés ou non. Faut-il pour autant en déduire que le concept de temps est inutile à la compréhension de l’Univers ?

Il existe des évolutions, des transformations, cela nous ne pouvons guère nous en débarrasser. Mais des physiciens prétendent que cela n’implique pas la nécessité du concept de temps, seulement celui du devenir. Le devenir ne contiendrait donc pas en lui-même l’idée de temps ?!!

Beaucoup de physiciens (presque tous ?) n’ont plus à l’esprit que des champs. Ils se représentent l’univers en termes de champs. Mais un champ n’est jamais qu’une formule mathématique, très pratique à l’usage (celui des mesures), mais d’un intérêt assez limité pour notre compréhension du monde. Comprendre, c’est allez bien au delà du tableau de chiffres, et pour cela nous avons besoin de concepts pertinents.

Je croyais que celui de temps avait suffisamment fait ses preuves…

Ce qui les troubles, probablement, c’est un autre ensemble de chiffres qui tournent sans cesse dans leurs crânes : les statistiques. N"ayant eu jusqu’à présent accès à l’infiniment petit que par l’intermédiaire des statistiques (et donc des probabilités), le temps a bel et bien disparu de leur univers. Ou, plus exactement, de leur façon de l’envisager.

 
 
[ajouté le 26 septembre 2010]
Quoique… Etre, c’est devenir. Etre, c’est se mouvoir et se transformer. Peut-il exister quelque chose qui serait totalement immobile, statique ? Lorsque nous essayons d’imaginer une telle chose parfaitement inerte, le résultat ne ressemble-t-il pas étonnamment au néant ?

Dans une présentation de l’intervention d’Alexis de Saint Ours au colloque sur l’espace et le temps de mars dernier (source :http://www.lpm.u-nancy.fr/webperso/chatelain.c/GroupeM/Colloque-Mars10/index.html), il est rappelé ce qu’en disait Hegel : « Ce n’est pas dans le temps que tout naît et périt, mais le temps lui-même est ce devenir. » Ou bien le temps n’est qu’un aspect de ce devenir. Notre planète tourne sur elle-même. Ce faisant, elle rythme notre propre devenir. Et c’est ce rythme que nous avons nommé "temps".

[1C’est dans un article de La Recherche, numéro daté de juin 2010

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LE DEVENIR
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