Questions sur la science, questions scientifiques

La quête idéale du physicien

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dimanche 15 août 2010

Je lis dans un vieux numéro de La Recherche, en marge d’un article traitant de la physique contemporaine [1] :

La théorie des supercordes décrit un univers dans lequel les entités ne sont plus ponctuelles comme les particules élémentaires de la physique conventionnelle, mais unidimensionnelles, comme des cordes vibrantes.

Il ne faut pas perdre de vue que les théories de la physique mettent en scène des entités… théoriques. Par exemple, la mécanique, quel que soit l’échelle considérée. En mécanique, une étoile se ramène à un point, une voiture également. Pour étudier plus en détail les mouvements d’une voiture, il faut avoir recours à d’autres sciences, à d’autres théories.
Il en va de même dans l’étude du noyau atomique. Nous n’avons aucune raison de croire que les entités ponctuelles mis en scène par la mécanique quantique ont une quelconque ressemblance de forme avec les corps réels correspondant. Un point n’est jamais qu’une entité idéale.
Alors, qu’une autre théorie réduise ces corps à des cordes vibrantes plutôt qu’à des points, ce n’est pas forcément idiot, bien sûr, mais ce n’est encore qu’une réduction commode d’un certain point de vue, c’est tout.

De même que la mécanique ne nous dit pas tout sur les étoiles, la mécanique quantique ne nous dira pas tout sur le noyau des atomes. Les constituants nucléaires ont probablement des formes complexes et qui varient dans le temps, mais la mécanique quantique ne cherche pas à mettre en évidence ces formes actives ; elle se contente d’en enregistrer les effets et leurs corrélations.

Non, la mécanique quantique a mis toute son ambition ailleurs : elle cherche la force qui explique tout, la particule maîtresse de l’univers. Alors elle met toute son énergie – c’est le cas de le dire – à casser les noyaux atomiques et ses constituants, au lieu de chercher le moyen d’étudier leurs formes et leurs mouvements spontanés. Ce faisant, il y a fort à parier qu’elle passe à côté de quelque chose, quelque chose qui l’éclairerait dans cette recherche désespérée de la toute puissance – car c’est bien de cela qu’il s’agit.

[1Un intéressant article de Jean-Marc Lévy-Leblond, à propos de la "relativité". La Recherche n°316, janvier 1999.

 
 
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