Peuples sans limites

Des nouvelles du racisme et de l’antiracisme ?

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samedi 25 décembre 2010

Lu sur lemonde.fr aujourd’hui (La fillette de Denisova, mère d’une autre humanité) :

Pour les paléoanthropologues, l’homme de l’année est une fillette. Elle vécut en Sibérie il y a plus de 50 000 ans et appartenait à une autre humanité, dont on ne retrouve de ténues traces génétiques que chez les populations actuelles de Papouasie-Nouvelle-Guinée. […]

Elle appartenait bien au genre Homo, mais à une lignée distincte de sapiens (c’est-à-dire nous-mêmes) et de neanderthalensis. Sa découverte était exceptionnelle à plusieurs titres : pour la première fois, un être réputé nouveau était présenté à la communauté paléontologique non pas sur la foi des seules données anatomiques, mais grâce à l’analyse génétique. En outre, cette analyse révélait qu’à une époque pas si reculée, la Terre était peuplée d’au moins trois humanités susceptibles de s’être croisées. Voire quatre, si l’on tient compte, plus près de nous, de l’homme de Florès (Homo floresiensis), découvert en Indonésie en 2003 et qui vivait encore il y a 13 000 ans.

[…]

La fillette de Denisova voit sa singularité confirmée : elle est située sur un rameau frère de celui des néandertaliens. Les chercheurs, s’ils hésitent à parler d’une espèce nouvelle, parlent des dénisoviens, pour désigner ce groupe humain.

L’histoire qui se dessine est celle-ci : il y a environ 800 000 ans, une divergence apparaît chez le groupe humain qui va donner naissance aux néandertaliens et à l’homme moderne. 160 000 ans plus tard, la branche ancestrale des futurs néandertaliens se divise à nouveau pour donner un rameau qui conduit aux dénisoviens.

[…]

L’année 2010 aura donc été très riche pour la paléogénomique. C’est celle de la découverte de la part néandertalienne chez les non-Africains actuels, et de l’héritage dénisovien chez les Papous. Les généticiens savent que ces avancées peuvent ressusciter des thèses racialistes. Aussi prennent-ils soin de préciser que cet ADN en héritage est non codant, c’est-à-dire qu’il n’a pas de fonction connue [1]. Mais "quand bien même il commanderait des gènes, la différence génétique ne saurait justifier le racisme", insiste Pascal Picq.

 
Non, je n’ai pas encore eu d’échos d’éventuelles réactions des mouvements racistes et antiracistes à ces intéressantes découvertes – découvertes à prendre avec précaution, c’est vrai, tant qu’elles ne sont pas confirmées par d’autres études. Quoi qu’il en soit, les "antiracistes" feraient bien de prendre les devants, et rappeler à tous que nous devons nous aimer même si nous sommes différents. Et j’ajouterai même : parce que nous sommes différents.

(ajouté le 26 janvier 2011) Mais ils ne le feront pas, perdus qu’ils sont, et depuis si longtemps, dans un débat stupide (voir L’immonde dénominateur commun du racisme et de l’antiracisme).

[1Je crois savoir qu’il a été découvert une "fonction" à une part – au moins – de l’ADN non codant : il joue un rôle cruciale dans la lecture ou la non-lecture des gènes. Car, pour qu’un gène donné soit lu, il faut que la molécule d’ADN prenne une configuration spatiale particulière, or la forme de cette ADN dépend du milieu (variable) mais aussi, évidemment, de la molécule elle-même (invariable) – donc de l’ensemble de ces atomes constituants, qu’ils soient "codants" ou "non-codants".

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