Notes ouvertes

Contre la nature

Accueil > Points de vue > Notes ouvertes > Contre la nature

dimanche 15 mai 2011

Je parlais ici même il n’y a pas longtemps de "l’humanisation à l’Occidentale". Je présentais la civilisation occidentale comme une tentative de l’humanité d’échapper à son animalité. "Echapper à son animalité"… Autant dire "échapper à sa propre nature" !

Plus généralement, ne faut-il pas envisager la civilisation comme une tentative légitime de domestiquer la Nature – y compris, donc, la Nature en nous – ?
Déjà, le rêve d’un paradis terrestre perdu était, en son temps, une révolte contre la Nature. Celui d’un Paradis céleste à venir également. A ce moment-là, les hommes avaient déjà créé des dieux tels qu’ils se rêvaient eux-mêmes, et la bataille était commencée depuis longtemps : l’agriculture et l’élevage… Oui, ce qu’on nomme aujourd’hui, parfois, "retour à la nature", n’est qu’un retour aux premiers moments de cette longue bataille contre la Nature. Une bataille, une révolte bien légitime…

Ah ! la beauté de la nature, ces carnivores qui s’entretuent, ces parasites qui affaiblissent leurs hôtes, ces désirs qui interfèrent avec nos pensées, ces grossesses qui interfèrent avec nos désirs…

Dans cette bataille, l’homme (le mâle) a d’abord eu le meilleur rôle, car la femme paraissait (à première vue) plus ancrée que lui-même dans la nature. En particulier par le cycle menstruel. Une traître, donc, à domestiquer elle aussi ; ce qui fut fait, ou tout au moins tenté.

Mais, comme je le disais dans le texte déjà mentionné, nous ne sommes plus au temps du rêve, nous sommes au temps des manipulations techniques. Je précise : nous sommes au temps des manipulations techniques sur le vivant ; donc sur nous-mêmes aussi.
Naturellement – si j’ose dire – nous avons commencé par la femme. Elle était demandeuse, d’ailleurs. Les mâles s’étaient trompés : ce n’était pas une traitre.

 
 
LE DEVENIR
SPIP | Se connecter | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0