Ames perdues

La solitude

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dimanche 4 décembre 2011

Ne pas pouvoir joindre la vie antérieure à la vie présente,
ne pas pouvoir les raconter en entier à quelqu’un, pas même à soi,
telle est la solitude [1]

Je suis seul dans la mesure où je ne peux partager avec quelqu’un mon passé. Parce que mon passé est ce qui me constitue, c’est de quoi je suis fait, c’est moi même. Je suis seul… à être fait de ce passé-là.

Nos racines vont puiser l’énergie dont nous avons besoin dans la société, dans notre entourage, par des échanges émotionnels, passant par le verbe ou non [i]. Je parle là de racines vivantes, comme celles des végétaux. Il est souvent plus facile d’établir ce genre d’enracinement auprès de personnes qui partagent avec nous un bout de passé ou possèdent un passé en partie semblable.

C’est dire que nous sommes en même temps "individu" et des êtres essentiellement sociaux, des individus grégaires.

 

Mais comment se connaître soi-même lorsqu’on connaît mal son propre passé ? N’est-ce pas au delà même de la solitude ?

[1François Cheng, Le Dit de Tianyi (roman)

[i(note ajoutée le 14 janvier 2013) Sauf que cette énergie émotionnelle ne se trouve guère dans la société où nous nous battons tous les uns contre les autres, elle se trouve par contre dans des communautés en tout genre. C’est sans doute pourquoi la société n’est pas encore parvenu à se débarrasser de ces communautés qui la freinent. Ferdinand Tönnies a brillamment analysé cela il y a déjà plus d’un siècle dans Communauté et société.

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