Notes ouvertes

Ensemble tout devient possible

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mercredi 25 avril 2007

Celui qui est censé être le "président de tous les français" ne devrait-il pas être d’aucun parti ? J’y pense bien tardivement, mais peut-être sera-t-il encore temps d’y penser dans cinq ans, si nous ne sommes pas en guerre, et si nous ne sommes pas tous embastillés…

Tôt le matin, le 1er mars, et avec une imposante précision militaire, un énorme déploiement de forces de l’ordre bloque le secteur de la Maison des jeunes (L’Ungdomshuset), dans un quartier populaire de Copenhague. Comme si un groupe de terroristes se trouvait dans cet immeuble de quatre étages […] et non pas quelque quarante jeunes sans armes dont l’âge moyen ne dépasse pas 20 ans.

L’évacuation commence. La police utilise des équipements nouveaux. De puissants canons aspergent les portes et les fenêtres d’une étrange mousse qui durcit instantanément et empêche les occupants de les ouvrir de l’intérieur. Simultanément, armés jusqu’aux dents, des membres d’élite de la brigade antiterroriste arrivent sur le toit en hélicoptère. Tout indique, ce que les autorités confirmeront ultérieurement, que l’opération a été minutieusement préparée, et depuis longtemps.

[…]

Au-delà de l’usage excessif de la force, les agissements de la police ont surpris par leur illégalité : une multitude de mineurs, désormais fichés, ont été interpellés, mais leur nombre exact n’a pas été communiqué. Le contrôle des frontières, le grand nombre de policiers et de véhicules antiémeute mobilisés, les gaz lacrymogènes, la brutalité des attaques contre les manifestants avec des engins spéciaux, ainsi que les arrestations massives et arbitraires, tout cela a donné l’image d’une police militarisée qui – comme son homologue italienne en juillet 2001, lors du sommet du G8 – a montré une tendance préoccupante à agir hors des cadres démocratiques.

Pour cette bataille de Copenhague, des renforts d’autres pays européens ont été appelés. Ainsi, par exemple, une vingtaine de véhicules policiers suédois sont arrivés de Malmö, de l’autre côté de l’Øresund. Cinq hauts responsables suédois des forces de l’ordre se sont également rendus sur place pour observer les méthodes répressives de leurs collègues danois. Des témoins ont révélé que des agents en civil, équipés des oreillettes caractéristiques, allaient et venaient au beau milieu des émeutes, et communiquaient en d’autres langues (allemand, français, anglais).

En réponse à la question d’un journal, le porte-parole de la police de Copenhague a catégoriquement nié la présence d’unités actives venues d’autres pays. En revanche, il a reconnu que, "s’il y en avait", c’était "en qualité d’observateurs".

[…]

De violentes protestations ont été suivies de manifestations pacifiques répétées. Le 8 mars, une marche de femmes a rassemblé plus de trois mille personnes. La police a effectué des contrôles d’identité généralisés. Jamais le Danemark n’avait connu cette sorte d’état de siège policier. Plus de sept cent cinquante personnes ont été arrêtées – parmi elles, environ cent quarante étrangers.

[…] La police n’ayant pas les moyens d’enfermer ni d’interroger tant de détenus, beaucoup d’entre eux ont été transportés sur l’île de Fyn et dans le Jylland. Un établissement pénitentiaire de Copenhague a dû être partiellement vidé de ses prisonniers de droit commun pour pouvoir loger les jeunes détenus. Du 10 au 19 mars, Nørrebro et Christianshavn ont été décrétées zones dans lesquelles tout citoyen pourrait être fouillé et fiché, y compris en l’absence de soupçons.

(Tiré de Répression pour l’exemple à Copenhague, Le Monde Diplomatique, avril 2007.)

 
Bon, ce n’était quand même pas l’intervention des chars ! direz-vous. Ah non ? Vous êtes sûr ?

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