Ames perdues

Appel à la réaction (2)

Accueil > Points de vue > Ames perdues > Appel à la réaction (2)

samedi 1er septembre 2012

(mon premier appel à la réaction est ici, dans ma rubrique Rupture)

Suite à ma première publication à propos des Femen, on m’a dit à au moins deux reprises qu’il s’agissait de féministes luttant, entre autres, pour le droit des femmes à se promener en ville torse nu, comme les hommes en ont le droit.
Bon, moi je veux bien, mais…

Dans la scène ci-dessus, qui ne détonne en rien avec le spectacle quotidien qu’offrent nos rues occidentales, deux personnages sur neuf ont une ou deux épaules dénudées : deux femmes ; un personnage sur neuf a les jambes dénudées : une femme ; quatre personnages ont les bras au moins en partie découverts : les quatres femmes. Les hommes ne montrent que leur tête – que les femmes ne montrent d’ailleurs pas vraiment car elles la maquillent. Symptomatique ?

Sur mes posts précédents comportant des vidéos de bals traditionnels, on observe exactement la même chose avec les assyriens de Melbourne. C’est, par contre, beaucoup moins net avec les arméniens, et plus du tout vrai avec les kurdes : les kurdes, hommes et femmes, ne montrent que la tête (à ceci près que les femmes kurdes la maquillent, elles aussi).

La dernière fois que j’ai vu des hommes torse nu en ville, il s’agissait d’ouvriers du bâtiment au travail en période de canicule. Droit ne veut pas dire usage. Et, dans les soirées chics, à qui permet-on de montrer ses cuisses (en Occident) [1] ?

Les femen "luttent" totalement dans le sens du courant dominant. Elles sont révolutionnaires.

Les hommes et les femmes du groupe (ou de la mouvance – ou du mouvement ?) russe Voina [2] se mettent parfois carrément à poil, mais jamais à la manière de starlettes de la côte d’azur ou d’ailleurs !

[1(ajouté le 28 février 2016) En écrivant ce texte, une réalité essentielle m’avait échappé : les hommes se permettent de se mettre torse nu au travail sans que ce soit directement lié à leur travail (comme cela peut arrivé s’ils sont comédiens, par exemple), tandis qu’on ne permet jamais aux femmes d’être torse-nu au travail, mais qu’on le leur impose parfois dans l’intention d’utiliser sexuellement cette nudité. On ne le permet pas toujours aux hommes ; dans les métiers "en contact du public", on ne leur permet même pas le port du short, mais il y a là effectivement une différence essentielle de traitement entre les femmes et les hommes.
Cela rend-il les actions des Femens pertinentes ? Je ne le pense pas.

D’autre part, il se peut qu’il y ait (ou qu’il y avait ?) un second degré dans leurs actions, second degré qui deviendrait imperceptible dans les répercussions médiatiques. Car les grands médias montrent des instantanés ou, au mieux, de très courtes séquences. Mais les Femens n’agissent-elles pas (n’agissaient-elles pas) en cherchant de telles répercussions ? Si, comme j’en suis certain, la réponse est oui, elles sont censées en tenir compte.

[2Voir cette intéressante interview de membres de Voïna par Courrier International (novembre 2010)

 
 
LE DEVENIR
SPIP | Se connecter | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0