Notes ouvertes

Salariat et motivations…

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dimanche 16 septembre 2012

Il existe des patrons qui s’imaginent que chacun travaille pour soi, en particulier les ouvriers de l’entreprise dont ils ont la direction. Je le sais, c’est mon patron qui me l’a dit : il croyait que je travaillais pour moi ! Ils ont de drôles d’idées, les patrons !

Pourtant, il prend soin de me verser un salaire chaque mois. Pas logique, le bonhomme !

En plus, le mien, il est sans doute lui-même salarié, comme beaucoup !

A mon avis, il commence à imaginer comment il pourrait, à l’avenir, justifier une absence de salaire : si je travaille pour moi, il ne me doit rien !

Au sein de son entreprise, je travaille pour le consommateur final qui paie un intermédiaire qui paie un autre intermédiaire qui paie etc. Jusqu’à l’entreprise dont je fais partie qui me verse un salaire. Et c’est, avec le goût du travail bien fait – le goût de l’œuvre –, le souci du consommateur final qui motivera de ma part un travail consciencieux, certainement pas l’espoir d’un salaire ! Lorsqu’on n’est motivé que par le salaire, on peut tricher, on peut aussi magouiller. Il n’a pas conscience de cela, mon patron ? Pauvre homme !

Il est vrai que le souci du consommateur final peut, parfois, ne pas coïncider exactement avec les désirs du patron…

 

 

(note ajoutée le 22 septembre)
Un échange de commentaires sur le blog (blog.fr) où j’ai aussi mis en ligne ce texte m’a heureusement poussé à développer un peu plus ma pensée. C’est ainsi, j’ai souvent besoin d’une discussion pour développer mes idées. Via des commentaires, par exemple. A bon entendeur…
Voici donc le fruit de cette petite discussion :

 

Certes, l’on travaille toujours pour soi, que ce soit directement ou indirectement. Lorsque c’est en échange d’un salaire, c’est le salaire qui est pour soi, c’est indirect. Mais si c’est pour moi que je travaille, ce n’est pas pour moi que je travaille bien (ou que j’essaie de travailler bien). Quoique là aussi, à un certain niveau, c’est encore pour moi en effet : car il est plus agréable et plus satisfaisant de travailler bien. Cependant, dans ma conception du "travailler bien", du travail bien fait, il y a le souci des autres. Et aussi la recherche d’harmonie, car j’ai besoin d’harmonie.
Mais même dans ce besoin d’harmonie je retrouve la trace de ma conscience des autres.

L’histoire montre que cette recherche d’harmonie était très présente, et même centrale, dans les Arts, et pas seulement les "beaux arts". Mais c’était il y a longtemps. De nos jours, les artistes font des performances comme les sportifs, mais avec le même souci de la publicité qu’un communiquant (ce qui est encore, différemment, le souci des autres). Et de nombreux militant(e)s les imitent lorsqu’ils(elles) veulent attirer l’attention.
Mais c’est, si j’ose dire, une autre histoire ; enfin, deux autres histoires même…

Si l’idéologie dominante, la culture dominante, ne voit, ne retient que le fait que l’on travaille pour soi, il n’en reste pas moins que nous travaillons tous, autant que nous sommes, aussi pour les autres. Même à notre triste époque. Et heureusement !

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