Rupture

Le carrefour

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mercredi 17 avril 2013

Conclusion d’un texte paru sur le site de la ZAD aujourd’hui, suite aux événements de dimanche et lundi (début de réalisation de chicanes sur la D81 suite au retrait des forces de l’ordre, puis retour des gendarmes mobiles armés de pied en cap…) :

Notre adversaire, ce n’est pas le politicien ou la politicienne, le journaliste ou la journaliste, le gendarme ou la gendarme. Notre adversaire, c’est la déshumanisation du monde. Derrière chaque uniforme ou rôle officiel, il y un homme ou une femme qui peut encore se reconnecter au monde sensible. Ce monde doit imposer aux cupides et aux autoritaires que la destruction du vivant (humanité et nature n’en font qu’un) n’est pas compensable par des procédures générant du PIB. Ensemble nous briserons cette alliance entre l’Etat et le Capitalisme, entre les cupides et les autoritaires, entre le marché et la bureaucratie. Entre la lâcheté et la violence, je préfère encore la violence. L’exemple n’est pas la meilleure façon de convaincre. C’est la seule.

Non contents d’occuper des terrains privés, les insurgés de Notre-Dame-des-Landes occupent le domaine public : une portion de la D281 ainsi que la petite route entre celle-ci et le carrefour de la Saulce sur la D81. Occupation illégitime ? Ce serait bien le comble ! C’est public, et le public, c’est la collectivité, en premier lieu les habitants du lieu, justement. Or, il se trouve qu’une partie de ces habitants, en particulier des agriculteurs, s’est insurgé contre l’usage que l’Etat veut faire des terres où ils vivent et grâce auxquelles ils produisent des aliments. Ces habitants ont d’abord occupé seuls leurs propres terres, puis sollicité une aide qui est arrivé de partout. Dès lors l’occupation a débordé les domaines privés. Il s’agit de se protéger soi-même lorsque les forces de l’ordre payées en principe pour vous protéger ne sont pas dans votre camp. Certains opposants à l’aéroport trouvent cette occupation des routes illégitime : ceux qui ne s’opposent qu’à l’aéroport car ils ne voient pas "la déshumanisation du monde".

En ce qui me concerne, j’ai l’impression d’être dans un bateau sans gouvernail et qui prend l’eau. Mais le capitaine m’a dit de m’occuper de la chaudière, d’ajouter encore et encore du charbon, de pousser à fond la vapeur, l’énergie. Et de hisser la voile dans la tempête. Sans quoi, si je ne fais pas mon travail, je ne serai pas payé, je ne pourrai donc pas acheter mon repas ni louer ma couchette.
Que faut-il faire tant qu’une majorité des embarqués ne comprend pas la situation ? J’aimerais bien le savoir ! En attendant, je serai sans doute à mon infernal boulot demain encore, probablement sans avoir suffisamment dormi, et à coup sûr sans avoir le cœur à l’ouvrage.

 
 
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