Ames perdues

La manie des frontières transposée dans la sexualité

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samedi 27 avril 2013

Homos, hétéros, bisexuels, asexuels, transsexuels [1]… Il faut être d’une de ces catégories ou n’être pas. Quelques voix timides ajoutent parfois un bémol en précisant qu’il y a autant d’homosexualités que d’homosexuels, autant d’hétérosexualités que d’hétérosexuels… Dans son fameux livre si bien intitulé L’art de la joie, Goliarda Sapienza suggère qu’une vie de femme (c’est l’expérience qu’elle a de la vie humaine) pourrait aussi être une succession de périodes plutôt hétérosexuelles et d’autres plutôt homosexuelles.

Il y a toujours eu des enfants élevés parfois par une personne "homosexuelle", ou élevés par une personne parfois "homosexuelle". D’autre part, s’affirmer homosexuel est une arme à double tranchant ou bien comme un fléau d’armes qui, manié trop violemment, échappe des mains de son utilisateur. La vie, heureusement, est complexe et même un peu "tordue", ce qui la rend cruelle souvent, mais belle aussi, et toujours passionnante, bien plus passionnante que nos pauvres mots, nos pauvres délires, nos petits découpages, que les murs que nous dressons et qui ensuite nous étouffent.

Comme l’a dit un commentateur d’une première version de ce texte [2], il existe une libido qui se résout de façon différente à des moments différents, et voilà tout. C’est selon les personnes et aussi selon les circonstances. C’est la vie. Mais nous aimons tant la guerre que nous ne cessons de nous inventer de nouveaux champs de bataille.

[1Je mets à part ceux des transsexuels qui cherchent à conformer leur corps au sentiment qu’ils ont d’eux-même car on touche là à la manipulation du vivant. S’il est bon de chercher à redonner la vue à quelqu’un qui vient de la perdre, est-il bon pour autant de chercher à adapter son corps à ce que nous croyons être intérieurement ? Déjà beaucoup demandent à la médecine de modifier leur visage, leur voix, la forme de leur sexe ; d’autres modifient à coup de médecines leurs "humeurs" intérieures… Qui se rêve superman cherche l’élixir capable de le rendre superman… D’autres voudraient être de purs esprits et en particulier cesser d’éprouver des désirs sexuels… L’être humain poursuit son vieux rêve : s’affranchir de son animalité.

Cela dit, il existe sans doute des situations biologiques bizarres rendant la vie difficile à supporter. Il est normal dans ces cas de réagir comme face à tout handicap. Ne pas oublier, cependant, que c’est souvent la société qui rend la vie difficile à supporter.

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