Rupture

Humanité de l’entreprise

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samedi 15 juin 2013

Interview paru aujourd’hui dans l’édition angevine de Ouest-France :

La qualité de vie au travail se construit

Jean-Nël Courtois, directeur de la Goupille Cannelée, à Avrillé.

Pourquoi avez-vous entamé une démarche d’amélioration des conditions de travail ?

Notre activité de vente d’éléments de fixation pour l’automobile dans le monde nous conduit à avoir besoin d’une triple certification. Au niveau de la qualité, de l’environnement et de la sécurité. Il fallait mobiliser les salariés derrière ce projet d’entreprise pour garantir la pérennité de notre activité et s’intéresser à la qualité de vie au travail.

L’on sent, en lisant ces mots, combien l’amour de l’humanité est central dans la motivation de ce chef d’entreprise !

Comment avez-vous réussi à mobiliser les salariés ?

Nous avons sollicité l’aide d’organismes extérieurs comme l’Aract (Association régionale de l’amélioration des conditions de travail) et la chambre de commerce et d’industrie, pour améliorer la performance et accompagner notre croissance. Nous avons constitué un groupe de salariés volontaires associés aux représentants du personnel. Nous avons fait un choix de projets d’amélioration continue. Par exemple, le remplacement du processus de lavage des pièces ; l’étude et la conception d’un système pour alimenter nos machines en grosses pièces pour éviter le mal de dos ; la réduction des nuisances sonores grâce à la pose de carters…

Avec quels résultats tangibles ?

Les projets menés ensemble, dans la concertation et l’écoute, avancent bien. Le nombre d’accidents du travail baisse de façon significative. Nous avons obtenu la certification sécurité au travail. Je remarque que la qualité de vie au travail ne se décrète pas mais elle se construit. Chapeau aux salariés de l’entreprise !

« Je remarque que la qualité de vie au travail ne se décrète pas… » L’animal ne remarque rien du tout, il a lu cette formule dans un document que lui a refilé l’ARACT (elle se trouve page 3 du numéro spécial de mai/juin 2007 de la revue Travail et changements de l’ANACT (agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail), à moins qu’il n’ait eu également recours aux services de Notis-consulting qui reprend sur son site (sans indication d’origine) l’article de l’ANACT. Mais l’animal est bien dressé et pense à ménager la susceptibilité de ses troupes : sa dernière phrase est pour elles.

Beaucoup de lecteurs feront mine de croire que tout cela vient du cœur et passeront vite à autre chose, mieux vaut ne pas voir le vide abyssale où s’évanouissent nos vies. C’est qu’en effet l’homme – j’étais trop bon en le traitant d’animal dressé –, l’homme ne parle pas un instant, ici, de vie au travail. Faut dire qu’elle existe assez peu dans l’entreprise, la vie, et qu’il ne désire pas du tout qu’elle s’y implante plus qu’elle ne le fait pour l’instant. Les unités de production n’ont que faire de la vie. Du point de vue des employeurs, la vie n’est qu’un élément gênant qu’ils supprimeraient totalement s’ils n’avaient pas besoin de collaborateurs capable d’un peu d’initiatives et dotés d’une motivation suffisante. Ils essaient de croire encore que ce n’est que le salaire qui nous fait tenir tout en travaillant à peu près correctement, mais ils sentent bien qu’il y a autre chose qui remue là-dedans, dans ces unités humaines qu’ils voudraient interchangeables à volonté. Quelque chose qui remue et qu’il est impossible d’étouffer tout à fait.

 
 
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