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mercredi 19 juin 2013

L’empire romain au cours de la deuxième moitié du troisième siècle :

« Chrétiens et milieux néoplatoniciens se retrouvaient encore dans le refus des sacrifices sanglants, qui est réellement un trait d’époque dans l’élite. Cette convergence fit avancer les choses. Déjà, depuis ses origines, le christianisme rejoignait une certaine critique philosophique des temples et des statues "faits de main d’homme". A la fin du IIIe siècle, les néoplatoniciens développent une véritable phobie du sang et un dégoût pour les banquets sacrificiels, si contraires à leur volonté d’ascèse, en leur substituant la prière et le jeûne comme préparation à la contemplation. Il en résulte un regain d’intérêt pour le pythagorisme et les régimes végétariens, que réactualisent les Vies de Pythagore, écrites à cette époque, ou la figure populaire d’Apollonius de Tyane. Cette tendance peut avoir rejoint, dans le milieu des notables municipaux, des réticences nouvelles à financer les grandes cérémonies sacrificielles et les banquets publics, au moment où s’aggravait la crise monétaire et où s’accroissait la pression fiscale. Les magistrats des cités ont peut-être recherché d’autres formes de convivialité, telles que celle des repas associatifs qu’encourageait le développement récent du corporatisme. Les confréries de seviri impériaux, qui avaient été créés par Auguste pour associer les affranchis au culte impérial et qui recrutaient parmi les nouveaux riches, disparurent dans les années 260. La convivialité associative, fondée sur la cotisation des membres, se renforça aux dépens du culte impérial, dont l’organisation reposait sur la générosité des notables et qui dépendait donc de leur prospérité. »
Marie-François Baslez, Comment notre monde est devenu chrétien.

Très intéressant, ce petit bouquin !

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