Ames perdues

Sur un aspect des religions

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dimanche 23 juin 2013

Cette église étant, comme la plupart, orientée (au sens premier du terme), sa façade et son entrée auraient dû être mieux mises en valeur cet après-midi du 21 juin, quoique le soleil fut encore bien haut à l’heure où je suis passé. Il était caché, mais bon, n’est-il pas préférable, au fond, d’avoir, grâce au ciel, mis ainsi en valeur… le ciel ? Pourquoi devrions-nous aller chercher dans l’imagination un être à adorer ? Nous avons sur Terre le chant des oiseaux, des cours d’eau, le bruissement du vent dans les arbres, le jeu de la lumière du soleil avec les nuages, les sourires et les regards de petits enfants improvisant une ronde devant la scène où jouait Bazar Club, ce soir-là, à la fête de la musique d’Angers (j’avais fait un détour pour les photos en m’y rendant), tant de merveilles… adorables !!!

Mais peut-être est-ce le soleil que les chrétiens adorent en se tournant ainsi, dans leurs églises, vers le levant, tout comme l’adoraient beaucoup de gens de l’antiquité… Pourquoi privilégier une direction, sinon ? Parce que le salut doit venir du levant ? Pourquoi du levant ? Parce que c’est de là que vient le soleil.

Si le soleil nous apporte l’énergie, les chants des oiseaux, des rivières et les sourires des enfants nous apportent aussi de la lumière, mais nous n’arrivons pas toujours à recevoir cette lumière. C’est pour demander secours que les désespérés s’inventent des êtres suprêmes, pour espérer malgré tout lorsque tout est noir. Mais tout est noir parce que nous n’accueillons pas en nous la lumière des sourires enfantins et des musiques jouées par nos frères et sœurs ailés. Il ne s’agit pas d’essayer de lire l’avenir dans le chant ou le vol des oiseaux comme cela se faisait dans l’antiquité, il s’agit seulement de jouir du merveilleux qui s’offre à nous à chaque instant, que nous offrons nous-même aussi, d’ailleurs, parfois, à notre insu, aux autres. Nul besoin d’êtres suprêmes, seules les merveilles terrestres sont capables de nous donner des ailes sans nous donner la haine envers ceux qui ne partagent pas les mêmes croyances et les mêmes mœurs. Le bonheur n’est ni vendu en pilules ni prêché dans les temples ni apporté miraculeusement, il se crée par le regard que nous portons sur le monde.

 

« Nous inventerons des enfants éternels qui feront la guerre en se prenant aux cheveux, en se tirant la langue, des innocents sans dieux ni lois qui ne se mettront à genoux que devant un vol de perdrix, une sonate, un baiser, toutes les formes infimes de l’espérance. »
Jean-Pierre Siméon (texte complet ici)

 
 
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