Ames perdues

La guerre des sexes

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jeudi 22 août 2013

Ce que, dans mon dernier post, j’ai nommé "visions d’enfant", se passait au temps du "faites l’amour, pas la guerre". Depuis, ce slogan s’est transformé en un "faites la guerre du sexe" – guerre que, si mes souvenirs sont exacts [1], Dominique Folscheid qualifie avec raison de "contre-révolution sexuelle".

La guerre du sexe, oui. Et de la guerre du sexe on tombe vite dans la guerre des sexes. La guerre, c’est-à-dire la lutte pour le pouvoir. "C’est à moi !", crient les uns, "non, à moi", crient plus fort les autres. Et ils se battent à mort pour la domination – c’est-à-dire, en gros, pour le crime : "c’est moi qui sera le grand criminel, à présent, car je suis le plus fort !" Les adultes, on le voit, sont beaucoup plus raffinés que les enfants.

En se nommant "féminisme", le légitime mouvement de révolte des femmes déclare et assume une guerre pour le pouvoir, c’est-à-dire une guerre contre le pouvoir des hommes mais pas contre le pouvoir tout court. « Il est temps de remettre le féminisme en selle, et de partir à la conquête des territoires du pouvoir, sous toutes ses formes. […] Quand les femmes auront du pouvoir, on verra bien ce qu’elles en feront. En attendant, qu’elles le prennent », peut-on lire dans le manifeste du mouvement féministe "La barbe". Mais la guerre pour le pouvoir est une guerre sans fin complètement stérile. Et stérilisante. Car le pouvoir est en soi mortifère et immonde, injustifiable. Il ne faut pas se battre pour le pouvoir mais contre le pouvoir.

Le féminisme appelle le masculinisme, qui d’ailleurs se manifeste déjà. Nous ne sommes pas sortis de l’auberge !

[1Mais où diable ais-je mis ce bouquin ?

 
 
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