Ames perdues

Notre libération

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samedi 7 septembre 2013

Avertissement : ce post contient une vidéo qui, en des temps lointains, aurait été ornée d’un "carré blanc" signalant son interdiction aux mineurs. Je l’ai découverte sur le site d’un quotidien très connu. C’est qu’aujourd’hui, où règne en théorie l’équivalence des genres, des âges, des pratiques et de tous les aspects de la vie (on appelle cela "la liberté"), il ne faut rien cacher. Mais ne mettez pas le son trop fort quand même (rire sans joie).

La civilisation occidentale est une tentative de l’humanité d’échapper à son animalité. Cette tentative a d’abord été menée sur le mode du rêve : nous nous sommes attribué une âme immortelle que nous avons refusé aux autres êtres vivants (ce qui nous donnait la liberté d’exploiter ces derniers sans vergogne). Dans le même temps, nous avons cherché à déguiser nos besoins animaux en les ritualisant : le repas en commun, les relations "amoureuses" et filiales règlementées ; et nous avons caché ce qui était plus difficile à codifier et honorer.

Puis l’industrialisation est apparue. Et, avec elle, le temps des manipulations techniques. Depuis, le rêve est devenu un projet tout ce qu’il y a de plus concret et mené tambour battant.

 

Comme on le voit, le projet avance bien (au moins de ce côté-là). L’âme immortelle est devenu corps mécanisé immortel, mais il ne s’agit plus tout à fait d’un rêve : la transformation est en cours ; même si le projet ne devait jamais arriver à son terme, il ne laissera pas l’humanité indemne.
Certains (pas toutes) seront rassurés en voyant sur la "performance" ci-dessus que le mâle conserve le pouvoir. Comme le soulignent en passant les deux auteurs de l’article (un homme et une femme, ils sont prudents à Libération), « l’homme "pense", la femme jouit ». Personnellement, j’aurais également mis des guillemets à "jouit".

Ce projet occidental d’ôter à l’âme humaine sa chair, ou tout au moins de contrôler cette chair et de l’« augmenter » – y ajouter des organes sensitifs et moteurs –, a pour effet de mécaniser le corps et donc également l’esprit humain. S’il n’y a plus rien à cacher, ce n’est pas parce que nous serions "libérés", mais parce que tout est dévalorisé. Quoique, en un sens, nous sommes libérés de tout, en effet, puisque plus rien n’a d’importance sur la planète mécanique.

 

(Damien Saez n’a sans doute pas voyagé, parce que sinon il parlerait de la planète tout court ; mais il est vrai que l’a-nationalité est encore un concept ignoré)

 

(voir aussi, en particulier, mon post intitulé "A esprit sans chair, chair sans esprit")

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