Rupture

La propagande de la folie

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dimanche 15 septembre 2013

L’autre jour à la pause, pendant que nous cassions la croute devant un téléviseur débitant un discours de M. Hollande – discours auquel je n’ai pas plus prêté attention qu’aux publicités qui précédaient, il est plus intéressant de regarder les gens regarder la télé que de regarder la télé –, une discussion s’engage et un collègue nous dit, en substance, que pour évaluer l’action d’un gouvernement il faudrait faire tous les comptes avant et après les changements de pouvoirs, etc. Parce qu’un pays doit être mené comme une entreprise et que c’est parce qu’il n’est pas mené comme une entreprise que ça va mal (c’est-à-dire que l’argent ne rentre pas).

Ce collègue est maso, ou il a oublié de réfléchir. Parce que le but poursuivi pas les entreprises n’est pas le bien-être des salariés, ni même celui des clients, mais le bénéfice et la puissance des entreprises elles-mêmes. Et parce que le peuple d’un pays capitaliste n’est qu’une masse de salariés-clients (il est donc grugé deux fois). L’idée qu’un pays doit être mené comme une entreprise est une idée antidémocratique mise en œuvre depuis déjà pas mal de temps, que nos maîtres ont réussi à faire passer dans les représentations mentales des petits salariés comme dans celles des plus grands. Puissance de la télé. Le peuple critique le pouvoir dans le cadre théorique que ce pouvoir lui a transmis, et le peuple ne s’en rend pas compte.

C’est déjà une folie qui mène les entreprises, le paradigme de la gouvernance étatique est une folie à la puissance deux (que certains se plaisent à nommer "pragmatisme").

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