Ames perdues

The foggy dew

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mardi 17 septembre 2013

 

Très agréable mélodie, n’est-ce pas ? Et beau texte ralatant un combat pour la liberté : une insurrection armée un matin du printemps 1916 à Dublin. Je suis capable de l’écouter longtemps en boucle tellement c’est agréable à mon oreille et à mon âme… Même avec des grésillements.

As down the glen one Easter morn
To a city fair rode I.
There, armed lines of marching men,
In squadrons passed me by.
No pipe did hum, no battle drum
Did sound its loud tattoo
But the Angelus’ bells o’er the Liffey swells
Rang out in the foggy dew.
Un matin de Pâques au pied de la vallée encaissée,
Tandis que je me rendais vers Dublin,
Là, des lignes armées d’hommes qui marchaient
En escadron me dépassèrent.
Aucune voix ne fredonnait, aucun tambour de guerre
Ne raisonnait
Mais la cloche de l’Angelus carillonnait crescendo
Au-dessus de Liffey jusque dans la rosé brumeuse.

Mais il se peut que j’apprenne à ne plus l’aimer. Car l’insurrection armée n’a pas à se poser comme modèle dans la lutte pour la liberté. Les insurrections ne sont que des moments de lutte qu’il serait préférable d’éviter si on le pouvait. Alors pourquoi chanter avec nostalgie de tels moments de fureurs et de sang, pourquoi ne retenons-nous que ces moments-là ?

A vrai dire, je me demande bien ce que l’on peut réussir à conquérir avec un fusil, à part le pouvoir et la mort… Cette dernière semaine d’avril 1916, ce fut la mort, et ce chant est un chant aux "morts glorieux". Ben moi je ne suis pas sûr qu’ils soient plus glorieux que la moyenne.

And back through the glen I rode again
And my heart with grief was sore
For I parted then with valiant men
Whom I never shall see more.
But to and fro
In my dreams I go
And I kneel and pray for you,
For slavery fled
Oh, glorious dead
When you fell in the foggy dew.
Et je voyageai à nouveau dans la vallée encaissée
Et mon coeur se remplit de chagrin
Pour ensuite se fendre avec la pensée que jamais
Je ne reverrais ces vaillants hommes.
Mais je vais et je viens
Dans mes rêves
Et je m’agenouille et prie pour vous,
Pour la disparition de l’esclavage
Oh morts glorieux
Quand vous êtes tombés dans la rosée brumeuse.

 
J’aurais quand même préféré mourir avec eux plutôt qu’à Verdun, question d’ambiance ! (rire très sombre)

P.-S.

(ajouté le 11 mai 2014) : Ben je l’aime toujours ! Faut dire que je ne comprends pas grand chose à l’anglais parlé ou chanté, alors… Et pour ce qui est de mourir là où à Verdun, à la réflexion je me dis que les deux ambiances ne devaient pas être si éloignées l’une de l’autre. C’est plutôt une question de foi, et la bonne ambiance, l’ambiance porteuse, vient d’une foi partagée. Mais 14-18 et la guerre de tranchées ont durés si longtemps qu’il n’a pas dû être facile de garder la foi jusqu’au bout.

(le 17 avril 2016) Voir aussi mon billet Des mouvements de libération ?.

 
 
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