Ames perdues

Ondes perdues

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mardi 8 octobre 2013

L’amour ressemble à la musique et l’émotion amoureuse à la danse : nous ne vibrons pas tous aux mêmes rythmes, nous ne réagissons pas tous de la même façon à telle et telle mélodie, nous ne rentrons pas en transe en empruntant les mêmes chemins. Mais la rencontre amoureuse diffère de la danse en ceci qu’il n’y a pas une source mélodieuse pour tous mais au moins deux : chacun propose la sienne à l’autre. D’où des rencontres faciles mais parfois sans lendemain, et des rencontres impossibles, qui n’auront jamais lieu alors qu’elles auraient pu avoir des lendemains. C’est en ce domaine que l’expression "être sur la même longueur d’onde" s’applique de la plus pertinente façon [1], bien que ce soit une analogie trop mécanique – même la musique contemporaine n’a jamais osé un morceau réduit à une seule longueur d’onde. Si la sexualité contemporaine semble parfois être une tentative de simplification de ce genre, les âmes réelles s’y refusent. Ames réelles, donc rebelles.

 

 
 

 
 

 
 

 
 

[1(note ajoutée le lendemain) A condition de ne pas employer cette expression, "être sur la même longueur d’onde", pour signifier que nous pensons et voulons la même chose, mais pour dire que nous désirons et cherchons inconsciemment la même chose, la même chose par des chemins situés dans le même monde culturel et au milieu d’un même imaginaire, avec proximité des points de départ (des vécus). Nos comportements dépendent fortement de nos imaginaires et de nos habitudes. Notre réception du comportement de l’autre dépend fortement de nos imaginaires et de nos habitudes. Si nous avons des imaginaires et des habitudes proches, nous nous comprenons facilement, mais sinon… Dans l’élan amoureux, par exemple, l’un peut prendre l’autoroute et l’autre un chemin creux. Le partenaire ayant pris l’autoroute ne voit pas arriver l’autre et s’en va – toujours par l’autoroute –, persuadé que l’autre n’a pas pris la même direction et ne vient pas. L’autre voit son partenaire s’éloigner à la vitesse de la lumière…
Quand je dis cela, je la revois encore s’éloigner à la vitesse de la lumière après m’avoir, dans tous les sens du terme, tant touché. Oui, c’est un évènement vécu personnellement qui m’a fait produire "Ondes perdues", mais un évènement où l’incompréhension mutuelle atteint un tel niveau que ce que j’en dis ici n’est que pures conjectures (sauf le fait qu’elle m’a touché et comment je l’ai vu s’éloigner).

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