Rupture

Une catastrophe initiale ?

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mercredi 23 mai 2007

« les machines parlaient et les hommes se taisaient. »

En écrivant cela dans A la recherche de Villejean-la-magnifique (post précédent), je songeais aux mécaniques dotées d’une synthèse vocale, qui se banalisent actuellement. Mais les machines parlent depuis longtemps, et même, elles chantent !
Avez-vous remarqué combien, à contrario, il est rare d’entendre quelqu’un chanter dans la rue, ou bien en faisant ses courses… En même temps, combien sont devenus rares les lieux publics où les murs ne chantent pas…

Cette multiplication, cette généralisation de la sonorisation d’ambiance est-elle à prendre comme un injonction à fermer sa gueule ? Sans doute pas, car il n’y a pas que les lieux publics qui sont ainsi "ambiantisés", les lieux privés aussi, très souvent, et parfois plus sévèrement.
Alors, est-ce à prendre comme une volonté générale de s’anesthésier ? Mais contre quelle douleur ?

Cette sonorisation omniprésente n’aurait-elle pas, en fait, le même rôle essentiel que possède pour beaucoup, et de leur propre aveu, le travail : permettre de ne plus penser ?

…et de ne plus chanter ?

« Notre village était très beau. […] Le soir et les jours fériés, les gens chantaient et dansaient. Aujourd’hui, tout est mort. Et si on entend quelqu’un chanter, c’est à coup sûr un ivrogne. Avant, il y avait de la compétition entre les quartiers pour savoir qui chantait le mieux. C’était vivant. Maintenant tout le monde est replié sur lui-même. On n’a plus de vie ! C’est comme une prison. […] Je sais que je ne pourrai plus jamais respirer un bon coup. J’ai 70 ans et je n’aurai plus jamais le cœur léger. »

C’est une évacuée de zone contaminée qui parle, dans le film La vie contaminée, vivre avec Tchernobyl, de David Desramé et Dominique Maestrali. Mais quelle est donc la catastrophe initiale qui semble avoir frappé tout l’Occident, il y a déjà longtemps ?

 
 
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