Peuples sans limites

Ce que sont les "guerres de libération"

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mercredi 1er janvier 2014

Dans son dernier numéro de Manière de voir, Le Monde Diplomatique réédite un intéressant article sur "le tabou du génocide arménien". Le sociologue et historien turc Taner Akçam y explique clairement pour quelle raison il ne peut être question, pour l’Etat turc, de reconnaître le massacre des arméniens. Cette raison est un impératif politique que l’élite politique française devrait bien connaître : l’identité nationale. Extraits :

Un débat sur le génocide aurait pour conséquence de montrer que l’Etat n’est pas le produit d’une lutte essentiellement anti-impérialiste, mais plutôt d’une guerre entreprise contre les minorités grecque et arménienne. De même, il apparaîtrait qu’une partie non négligeable des soldats de Kuvva-yi- Milliye, qui ont été des exemples d’héroïsme, ont pris directement part au génocide ou se sont enrichis en pillant les Arméniens.

[…]

Au lendemain du traité de capitulation signé le 30 octobre 1918 avec les Britanniques, à Moudros en Grèce, les cinq premiers comités de résistance ont été organisés contre les minorités : trois d’entre eux contre les Arméniens et les deux autres contre les Grecs.

Les empires avaient un avantage : ils ne nous emmerdaient pas avec cette "identité nationale". Il y avait d’un côté les maîtres, avec leurs mœurs, leur langue, leur culture, et de l’autre les peuples avec les leurs. Nos maîtres sont parvenus a associer les membres de leurs troupeaux de producteurs à leur propre exploitation, et cette pauvre populace, depuis, ne cesse de s’entre-déchirer dans le seul intérêt de l’un ou de l’autre de ses maîtres, s’imaginant lutter pour sa liberté.

A l’heure actuelle, le plus grand ennemi des Kurdes est leur mouvement de libération nationale. Leur deuxième ennemi est celui de tous les ressortissants turcs : l’esprit national turc, l’identité nationale turque. C’est dans la guerre que les humains se ressemblent le plus ; c’est pour coopérer qu’il faut se différencier.

 
 
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