Rupture

Une police à forte tendance totalitaire

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vendredi 14 mars 2014

Lu ce soir sur lemonde.fr :

Au Royaume-Uni, la tradition d’infiltration des policiers hors de tout cadre judiciaire est ancienne. Comme l’expliquent les journalistes du Guardian Paul Lewis et Rob Evans dans leur ouvrage Undercover : The True Story of Britain’s Secret Police (non traduit, Faber and Faber, 2013), depuis la fin des années 1960, entre 100 et 150 policiers ont été infiltrés pour cinq ou six ans, parfois plus. Certains ont développé des relations intimes avec des militantes, ont même fait des enfants, avant de disparaître à la fin de leur mission.

THODE ASSUMÉE

Dans certains cas, ils ont joué un rôle non négligeable dans les actions de « subversion » qu’ils étaient censés combattre. En 2007, sur les trois représentants envoyés par les altermondialistes anglais à Varsovie pour préparer un « contre-sommet » du G8, deux sont des policiers, dont Mark Kennedy [le policier qui a infiltré "le groupe de Tarnac"].

Deux sur trois étaient des policiers… C’est comme dans les manifs, par exemple celle du 22 février dernier à Nantes contre la réalisation d’un aéroport international à Notre-Dame-Des-Landes : sur trois briseurs de vitrines, deux étaient… Bon, je n’en sais rien, en fait. Enfin, je veux dire que je n’ai pas de compte précis mais tout de même un témoignage.

En ce qui me concerne, j’ai la chance d’être protégé par les côtés autistiques de ma personnalité : je ne suis pas infiltrable. On peut m’approcher, mais pas durablement. On peut aussi m’espionner mécaniquement, numériquement… mais c’est quand même moins grave qu’une infiltration, surtout lorsqu’on est seul.

Pour ceux qui ruinent le monde entier avec un enthousiasme qui ne faiblit pas, quelques vitrines, quelques bombes, quelques morts, quelques enfants orphelins de père, quelques cœurs trahis, sont choses tout à fait négligeables. Rien ne pèse lourd face à la volonté d’Etat (on a coutume de parler de "raison d’Etat", mais attribuer une raison à l’Etat relève du non-sens : il s’agit bien d’une volonté dénuée de raison ; idem pour ce qui est connu sous le nom de "raison économique", avec cette circonstance aggravante que l’économique n’est pas une réalité mais une simple théorie, une pensée, un esprit : l’Esprit qui nous domine et nous conduit à notre perte) [1].

En tout cas, il est clair que les polices européennes s’entendent plutôt bien. Ca me fait penser… Comment c’était, déjà, ce slogan sarkoziste

Cette histoire concernant l’organisation d’un contre-sommet du G8, et les fameuses "provocations" policières des manifs, font penser au 1984 d’Orwell. Une police totalitaire se doit de maîtriser de bout en bout les mouvements de contestation : pas seulement leur répression, mais aussi leur organisation. Les "provocations" policières sont bien plus que des provocations !

[1Tiens, c’est curieux, ce que j’ai dis là ! Qu’est-ce que la raison ?

 
 
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