Questions sur la science, questions scientifiques

La conscience

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samedi 22 mars 2014

Et si la conscience n’était que la perception de notre monde intérieur, celui que nous avons rempli de ces objets que l’on nomme "mots", "concepts" ? Pour qui s’intéresse à la question, il est de plus en plus évident que ce cerveau dont nous sommes si fiers est essentiellement occupé à des activités aussi inconscientes et involontaires que les battements de notre cœur. Dans ce carrefour de communication entre nos organes des sens et nos organes moteurs, nous avons logé un monde artificiel qui, à son tour, est perçu et manipulé. Cette perception-manipulation d’objets intérieurs, c’est ce que nous appelons la conscience.

En somme, la conscience ne serait que l’inconscience de notre monde intérieur ; je veux dire que cette conscience est (dans cette hypothèse) produite par les mêmes processus inconscients que tout ce qui se passe en nous inconsciemment et que toutes les décisions que nous prenons inconsciemment, à chaque instant.

 
(A ne pas confondre avec la conscience de soi. Cela, c’est autre chose)

(modifié et complété le lendemain matin)

P.-S.

(le 29 mars) : Nous représenter la conscience de cette façon permet de mieux comprendre comment et à quel point l’imaginaire de chacun est le fondement de sa conscience, et comment il l’est inconsciemment. Cela permet de mieux comprendre pourquoi nous avons tant de mal à penser notre monde et à réagir efficacement – du point de vue de notre vie, de notre autonomie culturelle, de notre liberté – face à notre monde : nous pensons et ressentons la copie de ce monde que nous avons logé, ou que d’autres ont logé pour nous, en notre for intérieur, notre conscience, et cette copie est infidèle, très infidèle.

De plus, si nous ne pensons pas notre monde mais une mauvaise copie de ce monde, il en est de même pour soi. Nous ne nous pensons pas nous-mêmes, nous pensons et ressentons une mauvaise copie de nous-mêmes.

En même temps, nous ressentons directement le monde réel, et nous nous ressentons directement, nous ressentons directement la réalité de nous-même, au moins individuellement. Il faudrait pouvoir penser ce que nous ressentons directement. Nous réagissons déjà à ce que nous ressentons directement – ce sont une part de nos réactions inconscientes –, mais nous ne pouvons penser ces actes-là qu’à posteriori… à condition d’en prendre conscience, donc d’en faire une copie forcément, et au mieux, imprécise.

 
 
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