Peuples sans limites

Cesser d’être le blanc de quelqu’un, d’être le noir de quelqu’un

Accueil > Points de vue > Peuples sans limites > Cesser d’être le blanc de quelqu’un, d’être le noir de quelqu’un

samedi 29 mars 2014

 

 

Il pense comme il chante et il chante comme il sent, c’est bien.

Ce que nous dit Danyèl Waro n’est pas facile à exprimer avec le vocabulaire en usage aujourd’hui ; il s’en sort bien, en répétant les choses de différentes manières. On peut très rapidement résumer l’essentiel de ses propos en disant que pour être enfin soi-même, il faut cesser d’être le blanc de quelqu’un, cesser d’être le noir de quelqu’un.

L’esclave est esclave non parce qu’il est écrasé de travail mais parce qu’il est empêché de produire son propre monde. La liberté n’est rien d’autre que l’autonomie culturelle si l’on entend par là la production spontanée de son propre monde et, d’abord, la possibilité de produire spontanément son propre monde, être en situation de produire spontanément son propre monde et d’habiter son propre monde (pas seulement son monde culturel, donc, son monde tout court – le culturel est la couleur de ce monde).

Pour prendre un exemple commode mais néanmoins intéressant, la liberté des israéliens juifs, même pratiquants, est aujourd’hui très relative, et la liberté des israéliens non juifs, même non pratiquants, est quasi nulle. Cette consternante réalité n’est d’ailleurs pas propre à Israël : en Turquie, ce n’est pas tellement différent, la "laïcité" turque consistant en une religion officielle et en l’interdiction de tout autre religion. En France même, lorsqu’un Manuel Valls dit que les Rroms ne veulent pas s’intégrer, il sent bien que ce qu’il dit est faux. Ce dont il accuse les Rroms, en réalité, c’est de vouloir conserver une certaine autonomie culturelle. En clair, ce "socialiste" leur refuse la liberté – ce que l’on peut appeler aussi, je crois, les libertés élémentaires, ou plutôt les libertés essentielles.

Dans ces exemples j’ai surtout mentionné le fait religieux, mais l’autonomie dont il est question concerne bien sûr tous les faits culturels, c’est-à-dire tout : la vie, quoi ! De ce point de vue, l’on peut se demander si l’esclave des XVIIe et XVIIIe siècles n’était pas plus libre que le "citoyen" occidental d’aujourd’hui, rivé à des écrans de télévision, des écouteurs, soumis quotidiennement aux publicités et aux ambiances sonores urbaines. Du reste, le "citoyen" occidental est empêché de produire son propre monde par la "raison" économique.
C’est d’ailleurs sans doute un peu de cela dont nous parle Danyèl Waro dans sa langue que je ne comprends pas, avec sa chanson Tinn Tout qu’il interprète a cappella :

 

 
 

Danyèl Waro sera à Nantes le 12 avril, dans le cadre du festival Eurofonik. D’abord pour une rencontre à 17h à l’espace Louis Delgrès, Quai de la Fosse à Nantes (avec l’association Mémoire de l’Outre Mer). Puis en concert à la Cité des Congrès (lieu du festival), en fin de soirée sur la scène Eurofolk (Grande Halle) : 23h45/1h.

Autres dates en France :

aujourd’hui même, 29 mars,à Dijon (à La Vapeur, dès 20h avec dégustation réunionnaise)

Eh puis à Cenon (Bordeaux, et c’est dès demain 30 mars), Paris, Argenteuil, Grenoble, Mont-Saint-Aignan, Rennes, Brest, Nimes, Cambrin (? c’est peut-être une erreur sur agenda.fr, Danyèl Waro était – semble-t-il – le 25 mars au festival Les Enchanteurs (Béthune et environs). Voir agendaculturel.fr

Réagir à l'article :
LE DEVENIR
SPIP | squelette | Se connecter | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0