Pour qui l’on travaille

Le grand Alléluia du monde moderne

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dimanche 25 février 2007

Alors que je fouillais mes petites archives à la recherche de tout autre chose, voilà que je tombe là-dessus :
Jean Boissonnat à Ouest-France, « La démocratie est affaire de morale », (Ouest-France du lundi 14 décembre 1998 ; propos recueillis par Didier Pillet).

La démocratie ne souffre-t-elle pas du "manque d’ennemis" ?
Historiquement, la démocratie a grandi en affrontant ses contraires, la monarchie absolue, la tyrannie, la dictature civile ou militaire et le totalitarisme. Aujourd’hui, elle n’a plus d’ennemi déclaré. Elle a besoin pour vivre, c’est-à-dire pour s’adapter aux changements de la société, de démocrates qui croient en ses vertus, d’hommes et de femmes qui pratiquent la tolérance, préfèrent le débat au combat, recherchent le compromis, concluent des contrats révisables et ne s’en remettent pas toujours à la loi et aux Etats pour régler leurs problèmes. La démocratie est une affaire de mœurs et de morale plus encore que de règles et d’institutions.
[…]
L’implosion du Front National, est-ce une bonne nouvelle pour les démocrates ?
On pouvait s’attendre à l’implosion du Front National, car c’est une anomalie française que d’avoir un parti d’extrême droite qui représente 15% des suffrages exprimés dans les élections. […] Mais il faut aussi que les autres partis, de droite comme de gauche, s’interrogent sur les raisons pour lesquelles le Front National a pu rassembler autant d’électeurs. Parmi les problèmes majeurs à traiter de ce point de vue, il y a celui de la délinquance au quotidien, à l’école et dans les quartiers. […] Les Etats-Unis sont confrontés à la même question. Des progrès spectaculaires ont été réalisés dans certaines villes, comme New-York. Comment ? A New-York, on a augmenté de moitié le nombre des policiers. On a utilisé les moyens technologiques modernes pour mobiliser très vite ces forces de police. On a réprimé beaucoup plus sévèrement ce qu’on appelle les petits délits. Sans oublier que l’Amérique a réduit de plus de moitié son taux de chômage, ce qui est décisif car la violence commence avec le désœuvrement. Cela suppose que les pouvoirs locaux aient des responsabilités, avec des moyens et qu’ils soient capables d’obtenir l’approbation de la population. C’est cela une démocratie de proximité et de participation.

Ca n’a rien à voir, me direz-vous, et Jean Boissonnat n’est qu’un vieux bonhomme. Mouais…
Sur le site de l’église du diocèse de Châlons-en-Champagne, on peut lire ceci :

Jean Boissonnat est un apôtre du christianisme social. Il est né en 1929 dans une famille d’ouvriers parisiens. « Le monde change vite, très vite, dit-il. La troisième révolution industrielle va bon train, mais l’évangile a son mot à dire. »
Il a siégé durant 3 ans au conseil de la politique monétaire de la Banque de France.
Héraut du christianisme social, il préside depuis 1995 les semaines sociales de France. Toute sa foi chrétienne inspire sa vie.
[…]
[Jean Boissonnat dit encore] :« Il s’agit d’avoir un certain regard sur l’homme et sur sa dignité. C’est le regard de Dieu Lui-même ». Jean Boissonnat nous dit que dans l’Evangile, Jésus nous invite à respecter l’autre quel qu’il soit, le faible, le pauvre, l’étranger, le handicapé, bâtir la société avec eux.
[…]
En conclusion, voici ce que nous dit Jean Boissonnat : « Je chanterai moi aussi, en union avec tout ce qui vit et progresse, le grand Alléluia douloureux et triomphant du monde moderne ! »

Il apparaît – entre bien d’autres choses – que pour ce bonhomme la vie de la démocratie c’est « s’adapter aux changements de la société ». Ah bon, seulement cela ?
Je ne commente pas le reste, le manque d’ennemis, la démocratie de proximité, le Alléluia… mais ne vous gênez pas, la porte vous est ouverte !

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