Notes ouvertes

Des immondices dans la tête (2)

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jeudi 3 avril 2014

Dans une interview publié par Les Collections de L’histoire n°51 (avril 2011), Marcel Gauchet (de l’EHESS) nous présente ainsi la folie : « D’un côté, cette affection du sujet plonge dans l’organique : il y a des états qui provoquent le délire. Une violente fièvre peut avoir cet effet […]. Mais, de l’autre, il est clair que la folie est un phénomène qui emprunte énormément à la culture, ce pourquoi évidemment on ne délire pas au XVIIe comme au XXIe siècle. »

La première des choses à faire, alors, pour étudier les folies, c’est de décomposer le problème en deux et d’étudier, d’une part les différentes causes organiques de délires, d’autre part le contenu culturel des délires. Même si cela n’enlève pas toute difficulté, parce qu’il n’est pas du tout invraisemblable de penser qu’un type donné de cause organique facilite un type donné de méli-mélo culturel, ni qu’un type donné de délire rétroagisse sur l’organique.

Plus loin, Marcel Gauchet nous dit : « Il y a des tas de fous très raisonnables, capables d’argumenter impeccablement leurs propos. La folie n’est pas le contraire de la raison, c’est le contraire du pouvoir subjectif. »

Tiens, tiens, "le contraire du pouvoir subjectif"… Mais alors, dès lors que nous nous soumettons tous à des raisons objectives – genre défense de la compétitivité, défense de la Nation, nous sommes tous fous, raisonnablement fous, fous de raisons. S’il y a des états organiques qui provoquent le délire, il y a des Etats qui provoquent le délire collectif ; plus généralement, il y a des cultures de pouvoir qui provoquent et entretiennent des délires collectifs. Délires qui peuvent rétroagir sur le culturel au niveau de la société et au niveau du pouvoir culturel – qui coïncide généralement avec le pouvoir tout court. Heil Hitler !

Cela doit se soigner…

 
 
LE DEVENIR
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