Rupture

L’industrie agroalimentaire, source de multiplication des échanges marchands

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dimanche 27 avril 2014

Lu sur "Je boycotte au maximum les supermarchés et les grandes marques" (lemonde.fr) :

Des produits centrés sur le coût, par Philippe, 66 ans, retraité

Ancien PDG de trois usines agroalimentaires fournissant des fabricants de produits tels que pâtes, biscuits, charcuteries, et parmi les plus grands (Danone), je ne me souviens pas d’avoir jamais abordé autre chose que le prix. Bien sûr il y a des cahiers de charges, qui la plupart du temps ne sont d’ailleurs pas réalistes et servent uniquement de parapluie en cas de pépins, des certifications CEE, ISO, etc., qui ne sont que des bouts de papiers récompensant des procédures qui n’existent que le temps de leur obtention.

Dans la pratique, les usines, et même les plus grosses, se moquent de la qualité et ne regardent que la ligne profit. Certains industriels, sous couvert de températures de cuisson élevées n’hésitent pas à utiliser des produits périmés, contaminés ou cent fois reconditionnés. Quand il y a un lot de matières premières avariées, il y a toujours plus d’acheteurs intéressés. Quand aux contrôles, les fraudes et les services vétérinaires sont débordés, souvent inefficients, et surtout pas regardants. En dix ans sur mes trois usines, je n’ai jamais eu un vrai contrôle, mais par contre beaucoup de déjeuners.

Le mec dit ce qu’il veut mais, travaillant moi-même depuis trois ans dans l’agroalimentaire, j’ai des raisons de penser qu’il n’exagère pas. Il y a parfois des contrôles vétérinaires non annoncés par avance (d’après ce que je crois savoir, de mon humble position de manutentionnaire), mais on veille plus à l’hygiène – et j’imagine que les cadres veillent plus à la qualité de ce qu’ils fabriquent – lorsque le dernier contrôle commence à dater.

 
 
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