Rupture

Le prêt-à-manger

Accueil > Points de vue > Rupture > Le prêt-à-manger

vendredi 2 mai 2014

Dans le n°10 de la revue Le cercle psy, les psy s’interrogent : "comment la malbouffe nous séduit". Voilà une intéressante question formulée de bien étrange façon, comme si la bouffe elle-même avait la volonté de nous séduire. Mais leur titre correspond pourtant relativement bien au contenu de l’article. Car, en dehors des accusations bien connues, et justes, portées sur la publicité, l’étiquetage et l’aspect général des produits, toutes choses faites pour séduire et pour associer ces produits à des éléments plaisant de nos cultures ou à d’anciennes traditions de terroir, et quelques autres considérations (comme le caractère inopérant, voire contre-productif, d’avertissements genre "mangez cinq fruits et légumes par jour"), l’article met en cause nos façons de ranger les produits. Il parait que nous mangeons d’autant plus un produit qu’il est bien visible et facile d’accès. Et de conseiller de ranger les denrées les plus tentantes sur l’étagère la plus élevée, de préférence dans un meuble fermé.Et de conseiller également d’avoir une cuisine éloignée des autres pièces.

Peut-être n’ont-ils pas tout à fait tort. Mais, en ce qui concerne la cuisine, il serait dommage de reléguer au loin, pendant son travail, la personne qui prépare le repas (et qui pourrait bien être aussi celle qui le sert et que l’on va faire marcher si la cuisine est lointaine).

Et puis, surtout, comment se fait-il que les psys ne nous parlent pas, ici, d’une facilité bien plus criante offerte par la "malbouffe" et qui, s’ils ont raison, est certainement à mettre en cause bien avant la situation géographique de la cuisine et l’altitude des pots de confiture. Cette facilité à se nourrir est d’abord déterminée par l’industrie du prêt-à-manger, par les grandes surfaces de prêt-à-manger, et par les moyens techniques associés : congélateurs, fours à micro-ondes… Il est vraiment étrange que cet article ne dise mot là-dessus !

Il n’était déjà pas vraiment évident que l’invention du prêt-à-porter ait été un progrès, mais alors en ce qui concerne le prêt-à-manger !

Pourtant, cela partait sans aucun doute d’une bonne intention de la part des spéculateurs : nous couper d’avance nos aliments, même le pain, les cuire, les associer en de savantes compositions, nous préparer nos sandwichs, etc. Qu’est-ce que les spéculateurs ne feraient pas pour nous ! Je suis sûr qu’ils ont déjà mis à l’étude le prémâché.

Réagir à l'article :
LE DEVENIR
SPIP | squelette | Se connecter | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0