Ames perdues

S’enfermer dans une identité

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dimanche 27 juillet 2014

Lu dans Sciences Humaines de ce mois (N°261), ce témoignage d’une orthophoniste :

« Le problème de tout diagnostic est qu’il peut avoir enfermé dans une identité… J’ai rencontré un enfant qui, quand je lui ai demandé de se présenter, m’a dit "je suis dyslexique" avant de me dire son prénom. »

Oui, l’identité est un enfermement. Alors pourquoi se chercher une identité ? Ben, dans l’espoir de trouver une prison plus agréable. Ou plus rassurante. Car les êtres vivants ne placent pas toujours la liberté au-dessus de la sûreté. J’avais rapporté ici un autre propos identitaire assez étrange, la réaction d’un homme de trente-six ans récemment diagnostiqué "syndrome d’Asperger" : "Je sais aujourd’hui que je ne suis pas fou". Sûr que ce changement d’identité lui était bénéfique, puisque dans la culture contemporaine la catégorie "syndrome d’Asperger" est bien mieux considérée que la catégorie "fou". Pour le moment. Eh puis le concept de "syndrome d’Asperger" est tout de même moins vague que celui de "folie", la prison est donc plus petite, ce qui peut donner l’impression qu’elle est plus chaleureuse.

N. B. : Je ne vise pas là particulièrement la psychiatrie, encore moins les "autistes", ces propos sont à prendre comme une image (mais tout de même aussi comme un exemple).

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