Ames perdues

Une tradition démocratique africaine ("pas encore entrée dans l’Histoire") contre la "mission civilisatrice européenne"

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samedi 11 octobre 2014

Femmes igbo au début du vingtième siècle

(source : G. T. Basden, "Among the Ibos of Nigeria" ; Philadelphie, J.B. Lippincott, 1921, p96 ; Fichier wikimedia commons)

Francis Dupuis-Deri, professeur de science politique à l’UQAM et auteur du livre « Démocratie. Histoire politique d’un mot aux États-Unis et en France », nous parle d’une insurrection connue sous le nom de "guerre des femmes" ("women’s war", aussi appelée "Aba women’s riot"), pendant la colonisation du pays Igbo (voir carte plus bas, c’était dans la région de Bende en 1929). Il est aussi question d’une petite histoire fort intéressante à propos d’amants et de chèvres… (le récit dure 8mn) :

Shula Marks, entre autres, a montré dans son étude de la résistance des Khoisan, en Afrique du Sud, que les peuples à pouvoir politique non centralisé sont tout aussi aptes que les peuples à pouvoir politique centralisé à engager avec détermination un combat contre l’avance des Blancs. John Thornton a opposé le potentiel de résistance des sociétés étatiques et celui des sociétés sans État bien à l’avantage de celles-ci : "On rend souvent hommage aux États pour le rôle qu’ils tiennent dans la résistance à l’invasion européenne […] En vérité […] ce rôle était ambigu. S’il est vrai que certaines ont assez bien résisté […] maintes autres sociétés étatiques se sont, en revanche, effondrées au contact des Européens […] Par contre, la résistance des sociétés sans État fut souvent durable et héroïque. Ce sont elles – Igbo, Baulé, Anyi, etc. – qui menèrent la guérilla.
Histoire générale de l’Afrique, tome VII, UNESCO, p.69.

Ce sont elles, aussi, qui avaient le plus à perdre.

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