Ames perdues

La femme selon Erdogan (et bien d’autres)

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lundi 24 novembre 2014

Selon le président turc Erdogan, les femmes ne peuvent pas être au même niveau que les hommes. « Leur caractère, leurs habitudes et leur physique sont différents (…) vous ne pouvez pas mettre sur un même pied une femme qui allaite son enfant et un homme », a-t-il affirmé récemment.

Ouais… Mais les habitudes, par définition, ne sont pas innées. Et jusqu’à preuve du contraire le caractère ne l’est pas non plus, sinon éventuellement très partiellement. Même le physique dépend en grande partie des conditions de vie matérielles, sociales et culturelles. Cet argument d’Erdogan ne tient vraiment pas la route. Il se démarque bien peu de cette autre affirmation : l’esclave n’est pas mon égal puisqu’il est esclave.

Quant au second argument cité, il faut n’avoir pas connu mon ancienne voisine pour l’utiliser ! Sérieusement, et bien que je manque d’expérience dans le domaine de l’allaitement, j’affirme sans hésiter qu’il est possible d’allaiter tout en discutant des affaires du monde, et plus encore tout en y réfléchissant (peut-être qu’allaiter aiderait Erdogan à penser, d’ailleurs, le contact direct avec la vie est une aide précieuse à la remise en cause de vieilles convictions).
En revanche, la menuisière devra faire une pause dans son travail pour allaiter, mais une pause qui finit de toute façon par être nécessaire, allaitement ou pas ("menuisière"… j’ignore si ce féminin est admis par l’académie mais il sonne bien, je trouve, ou du moins il chante, beaucoup mieux que "auteure" qui ne sonne ni ne chante).

(Remarquons, au passage, que si le "monde du travail" contemporain n’a jamais été pensé pour l’homme, il l’a encore moins été pour la femme)

(source AFP via Le Monde et via Ouest-France)

P.-S.

Il existe des féministes qui, sur la question de l’allaitement, ont une position pas tellement différente de celle d’Erdogan. Elisabeth Badinter, par exemple, semble penser que la femme doit "se libérer" de l’allaitement, c’est-à-dire s’en passer.
Et pourquoi ne pas se passer, aussi, des grossesses ?

Remarquons également qu’aujourd’hui, les femmes "aux affaires" miment les hommes. Elles n’y étaient admises jusqu’alors qu’à cette condition, d’ailleurs. Mais il se pourrait que cela commence à changer un peu.

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