Rupture

La misère est nécessaire pour pratiquer la charité

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jeudi 4 janvier 2007

Car on aura beau panser les plaies – par exemple, en légiférant – on n’arrivera qu’à soulager un petit peu le malade, momentanément ; car les plaies en question ne sont que des symptômes d’un mal profond, intérieur et général. Le politique qui agit ainsi sait au moins quel but pratique il poursuit, en plus de – éventuellement – améliorer très légèrement et fugacement le destin du monde. Mais un particulier se sera simplement donné bonne conscience. "Bonne conscience", voila une formule bien ironique pour désigner une conscience qui volontairement s’aveugle. Au XIXe siècle il n’était pas exceptionnel que la femme du capitaliste s’occupe de "bonnes œuvres", fasse "acte de charité" envers de pauvres travailleurs suant sang et eau pour son mari, et donc pour elle-même (relire Germinal de Zola). Au XXIe siècle, ce sinistre cirque continu.

Il est vrai qu’une "bonne conscience" aide à attendre tranquillement que la pauvreté s’accroisse et que crimes et catastrophes se multiplient. Et, si j’ai bien lu Michel Bounan, c’est le but à atteindre, car du terreau de la misère et de l’empoisonnement jaillira l’étincelle de vie. C’est du moins sur cette hypothèse merveilleuse qu’il semble conclure sa Folle histoire du monde.
Mais plus j’y songe et plus je me dis que j’ai mal lu… ou pas assez médité cette surprenante chute.

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