Notes ouvertes

Durée de vie d’une poule (2)

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jeudi 12 février 2015

Quelle est la durée de vie d’une poule ? Ben, ça dépend… Label rouge ou pas label rouge ?

Depuis la seconde moitié du 20e siècle, la sélection génétique du poulet de chair utilisé en filière standard a eu pour principal objectif un gain de productivité, grâce à l’augmentation de la vitesse de croissance et la diminution de l’indice de consommation. Ainsi, il faut actuellement 30 jours pour que ces poulets atteignent 1,5 kg alors qu’il en fallait 120 dans les années 50. Simultanément l’indice de consommation est passé de 4,4 à 1,47. Le poulet étant abattu à poids fixe, l’augmentation des vitesses de croissance s’est accompagnée d’une diminution (de l’ordre d’un jour par an) de l’âge d’abattage et actuellement en Europe on peut considérer que les poulets de chair « standard » atteignent le poids de 2,5 kg en 42 jours en moyenne. La mise sur le marché d’animaux plus jeunes avec une viande plus tendre et au goût moins prononcé a aussi entraîné une diversification des filières de production avec, dès 1965, la création du Label Rouge attestant de la qualité supérieure du produit par rapport au standard (Beaumont et al 2004). Seules des souches à croissance lente permettant un abattage plus tardif (à un minimum de 81 jours) peuvent être utilisées pour la production du poulet Label Rouge.
Extrait (début) de Sélection génétique et bien-être des poulets de chair et des reproducteurs, INRA Production Animale, 2011, volume 24

Dans un objectif d’amélioration de la compétitivité, les poulets de chair sont sélectionnés sur leur vitesse de croissance et leur efficacité alimentaire. Ces deux critères ont ainsi été multipliés respectivement par 4 et par 3 en 60 ans. La sélection d’animaux capables d’ingérer une grande quantité d’aliment a permis ces gains de productivité, avec différentes conséquences en termes de bien-être animal car les animaux les plus performants sont aussi le plus souvent les plus fragiles.
(Même source)

Je ne connais pas la durée de vie des poules brésiliennes d’aujourd’hui, mais, sur le marché, elles sont plus compétitives que les françaises. Même sur le marché français. Ce n’est pas bien loin, le Brésil, sans doute.

Dans le souci fort louable d’améliorer la compétitivité (souci fort louable pour ceux qui adhèrent à la théologie dite "économie politique" – pour les intimes, "économie"), on ne se contente pas de sélectionner les "plus performantes". Non, on cherche aussi à se passer des coqs…

Chez la poule, l’insémination artificielle, exigeante en main d’oeuvre (+ 1,5 UTH par 10 000 reproductrices) et en investissements (+ 10 à 25 %, surtout dûs aux batteries de cages), n’en permet pas moins une réduction significative (- 8 à 10 %) du prix de revient des poussins qui, par ailleurs, sont souvent de meilleure qualité (vigueur et poids à l’éclosion, état sanitaire, vitesse de croissance). Elle connaît donc un regain d’intérêt chez les reproductrices de type chair. L’insémination artificielle permet en effet de réduire le nombre des coqs (2 à 4 pour 100 poules au lieu de 8 à 12 en reproduction naturelle) d’augmenter, pendant la seconde moitié de la période de reproduction, le taux de fécondation des œufs, d’élever séparément les reproducteurs des deux sexes avec un éclairement et une alimentation adaptés à leurs besoins spécifiques. Des cages collectives (femelles) ou individuelles (mâles) autorisent un rationnement alimentaire plus strict qu’au sol et l’élimination progressive des animaux les moins productifs. Mais la réussite de l’insémination artificielle suppose qu’il y ait collecte fréquente du sperme (1 par jour), ajustement des nombres de spermatozoïdes (100 à 200 millions par dose) et de l’intervalle entre inséminations (en moyenne 7 jours) suivant l’âge et l’origine génétique des poules. De plus, la mise en place du sperme doit être faite pendant la période favorable du cycle ovulatoire, c’est-à-dire au moins 4 h avant ou 4 h après l’oviposition, en raison des contractions utérines qui accompagnent cette dernière et limitent les quantités de spermatozoïdes stockés dans les glandes utérovaginales. Cette réussite nécessite aussi un personnel qualifié, motivé et apte à persévérer dans un travail répétitif et à cadence élevée (par exemple 1 500 inséminations/ jour/personne pendant 40 semaines de suite…).
INRA Production animale, 1989, volume 2.

Les animaux ne sont pas des biens meubles mais des êtres vivants et sensibles. De même que les ouvriers avicoles. On cherche actuellement un "ouvrier poulailler" près de chez moi, pour ramasser les œufs et inséminer. Je crois que je ne vais pas postuler.

 
 
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