Rupture

A propos d’élections départementales

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mardi 17 mars 2015

J’ai reçu ce matin les présentations des "listes" de mon nouveau canton (dans mon cas doublement nouveau) pour les élections "départementales" du début de ce printemps 2015. Il y a quatre "listes", quatre binômes (plus des binômes remplaçants). Et deux choses remarquables, la première étant l’absence des deux "grands" partis de France, le PS et l’UMP. Il est vrai que tous deux songent à changer de nom, mais ce n’est visiblement pas pour ça puisqu’il n’y a pas non plus de nouveaux noms de partis.

Les deux partis en question n’auraient-ils pas fait, l’un et l’autre, le choix de s’avancer masqué ? Mais il n’y a qu’un seul binôme se présentant sans étiquette, catalogué par le site du ministère BC-UD (je ne sais pas trop ce que cela veut dire, mais ça ressemble un peu plus à "droite" qu’à "gauche"). Les trois autres listes sont celles du FN, d’Europe écologie - les Verts, et d’un "rassemblement pour une alternative à l’austérité" (PC, Nouvelle Donne, RESO 49). Faut-il assimiler la liste "verte" à un PS masqué (c’est dans RESO (République Écologie SOcialisme) qu’il y a "socialisme", mais RESO est avec le PC)…

Ou bien cela signifie-t-il que le PS et l’UMP sont mort déjà ("déjà", façon de parler !)…

C’est un peu mystérieux, tout ça, et comme je ne me suis jamais beaucoup intéressé à la politique "politicienne" (comme on dit parfois)… La dynamique des politiciens en mouvement est un objet d’étude que j’ai beaucoup trop délaissé par le passé, et même encore aujourd’hui, mais comment tout faire ?

 

La seconde chose très remarquable est la jeunesse des candidats FN, dont nous n’avons droit qu’à la photo, sans biographie (sans doute parce qu’il est difficile d’afficher le néant). Les deux sont si jeunes qu’ils en seraient presque mignons, surtout le jeune monsieur, peut-être à cause de son strabisme. Il est bien cravaté, tandis que la jeune madame a un chemisier (bleu ciel) ouvert sur un pendentif caché par un bandeau "Face aux trahisons de l’UMPS" (on n’en voit que le collier – je parle du pendentif, pas de la trahison). Mais ce qui fait suite au bandeau se veut en accord avec cette jeunesse : "l’espérance bleu marine".

Les candidats du binôme sans étiquette sont bien mûrs, eux, peut-être même un peu trop mûr le monsieur. Et ce sont des professionnels : tout deux maire et président de communauté de communes. Leurs remplaçants sont du même acabit.

Les binômes "communistes" sont mûrs, eux aussi, les titulaires comme les remplaçants. Et ils sont également très professionnels : régleur sur presse syndicaliste, professeur des écoles syndicaliste, et même retraité syndicaliste. A mes yeux, l’ouvrier a une "bonne tête" d’ouvrier (je peux aussi l’imaginer animateur sportif – plutôt dans le rugby –, mais pas banquier), la professeur des écoles à, elle, une tête un peu à la "Laguiller", et la retraitée de l’éducation nationale quelque chose d’un peu bourgeois décrépit, à moins que ce ne soit un côté "vieille France".

 

Pourquoi je raconte tout ça ? Ben, pour me délasser de ma journée de travail, pardi ! Et puis aussi parce que je me rends compte, un peu étonné, que si j’allais voter (rien n’est moins sûr), et si je faisais mon choix en fonction des tronches des candidats, je voterais les Verts. Aurais-je donc une si forte affinité avec eux ? Cela m’inquiète. Je pourrais me dire que c’est parce que ceux-là n’ont l’air ni trop jeunes, ni trop vieux, ni trop riches ni trop pauvres, ni professionnels de la politique (comme maires et présidents de collectivités ou comme syndicalistes), mais je sens qu’il ne s’agit pas de cela mais bel et bien d’une sorte d’affinité culturelle. C’est ainsi. Tout au moins si la culture des gens, c’est ce qu’on lit sur leur visage, et si ma propre culture est celle que je lis sur les visages qui me plaisent le plus. De tous ces binômes, ce sont les candidats verts que j’ai le moins de mal à imaginer dans un bal folk, par exemple (mais ils n’y ont probablement jamais mis les pieds). Je les imagine un peu plus difficilement sur une ZAD (mais je n’y suis pas, moi non plus, sur la ZAD d’à côté).

 

Autres choses notables : le papier "communiste" commence par parler de fric ; celui des sans étiquette commence par parler géographie ; sur celui du FN c’est Mme Le Pen qui cause, au verso, en commençant par attaquer la même chose que le recto, c’est-à-dire l’UMP et le PS ; enfin, le billet vert commence par parler d’équipe.

Et à droite, les photos sont nettement plus grandes qu’à gauche.

 

Ce non-événement électoral n’aurait pas sa place ici si je n’en profitais pour poser une devinette : dans quel canton de France me suis-je installé ? (rire – les rares que j’en ai informé, ceux qui me côtoient quotidiennement, ainsi que les personnes du canton en question, n’ont bien sûr pas le droit de participer au jeu, et il n’y a rien à gagner)

Étant donné que les commentaires sont ici fermés, pour éventuellement participer (même si je n’y tiens pas plus que ça, à vrai dire), se rendre sur la version blog.fr de ce billet.

 

P.-S. : S’il me prend la fantaisie de voter dimanche, ce sera pour moi et ma voisine du dessus (que je connais à peine et à qui je n’en ai pas parlé). Euh… non, je choisirai plutôt un bulletin nul plus discret.

P.-S. 2 (le 19 mars) Oui, mais… Comme je le disais ailleurs en commentaire, on peut rechigner à voter par refus des institutions, ou voter nul par absence de confiance à des candidats, il n’en reste pas moins que les institutions sont là, et les élus aussi. Et, tant que ces institutions et ces élus sont là, ils contribuent à façonner le monde. Alors, tant que nous n’avons pas changé les institutions, ne faut-il pas voter, et voter non nul ? Ou bien faut-il laisser les imbéciles, les naïfs, les profiteurs opportunistes, etc. participer à ce que certains qualifient de "mascarade" ? Je ne pense pas que l’élection de Adolphe Hitler était une mascarade.

 
 
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