Ames perdues

Carrousel

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dimanche 5 avril 2015

Question inquiète : suis-je donc le seul à ressentir comme agressions ce qui, sur les parquets de danse et pour les spectacles, est souvent nommé "jeux de lumières", mais qui n’étaient pas connus sous ce nom du temps des miradors (d’avant le développement des détecteurs radars et infrarouges) ? Plus précisément et plus complètement, suis-je le seul à ressentir comme agressions les faisceaux lumineux mobiles, les lumières clignotantes (à l’agressivité proportionnelle à leur fréquence) et, sur les écrans, tous les affichages mobiles ou clignotants (comme par exemple la bande "information en continu" de certains journaux, qui heureusement est en bas de page, ce qui permet de l’occulter relativement facilement) ?

L’étendue de ces pratiques est telle que je peux me demander si je ne serais pas un cas pathologique. Je ne supporte pas ces choses. Elles ont contribué, hier, à me gâcher une soirée (en l’occurrence associées, il est vrai, à un genre musical auquel je suis allergique – oui, j’ai des allergies culturelles).

Mais ma propre humeur a aussi contribué à gâcher ma soirée. Comme souvent, sinon toujours. Ce n’est pas qu’elle soit mauvaise, mon humeur, elle est malade. Victime d’un air vicié, et d’une histoire individuelle sous un air vicié…

Et si encore cette humeur n’était pas associé à un mutisme dont la nature pathologique ne me pose pas question, elle, bien qu’il m’ait fallu entreprendre la lecture d’un roman de Benjamin Constant pour en prendre bien conscience : « Aussi timide que lui [le père du narrateur], mais plus agité, parce que j’étais plus jeune, je m’accoutumai à renfermer en moi-même tout ce que j’éprouvais, à ne former que des plans solitaires, à ne compter que sur moi pour leur exécution, à considérer les avis, l’intérêt, l’assistance et jusqu’à la seule présence des autres comme une gêne et comme un obstacle. Je contractai l’habitude de ne jamais parler de ce qui m’occupait, de ne me soumettre à la conversation que comme à une nécessité inopportune et de l’animer alors par une plaisanterie perpétuelle qui me la rendait moins fatigante, et qui m’aidait à cacher mes véritables pensées. » (au début du roman Adolphe). C’est seulement en lisant ces lignes de Constant que j’ai pris conscience, à 57 ans, que non seulement je ne parle pas, mais qu’en plus les rares fois où je parle, c’est pour plaisanter. Et ma maman qui me répétait « Tourne sept fois ta langue dans ta bouche avant de parler » (l’étonnant est que cette injonction ait pu, tout de même, porter aussi de bons fruits) !

Les responsables, non de mon humeur générale, mais du cassage d’ambiance d’hier soir (c’est ainsi que je l’ai vécu, mais pas la grande majorité des présents, je pense) :

 

 

Encore, là où ont été prises ces images, il n’y avait pas les "jeux de lumières"…

Je crois bon de signaler que l’accordéoniste que l’on voit au premier plan à gauche ne fait plus partie de ce groupe, mais j’ignore si c’est pour cause d’allergie. Et je tiens à signaler que Le manège, le groupe en cause, joue aussi des musiques que j’aime beaucoup.

 
 
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