Notes ouvertes

Philosophie routière (suite)

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lundi 6 avril 2015

En janvier dernier, je me plaignais d’être parfois contrôlé, sur la route, à une vitesse certes un peu supérieure à la vitesse autorisée mais dans des conditions idéales de conduite, et d’être sanctionné sans qu’on puisse tenir compte de mon comportement d’automobiliste dans des conditions difficiles de conduite. Je commençais à me dire que j’allais bientôt devoir me mettre au vélo – ce qui, dans ma campagne, restreindrait beaucoup mes possibilités d’action et augmenterait la fatigue et l’usure accumulées au cours de mes journées de travail (mon travail à l’usine sollicite aussi beaucoup mes jambes). Mais je pense avoir trouvé une solution (une solution avec voiture, non que je veuille défendre son usage, mais les conditions de vie des campagnes d’aujourd’hui rendent son abandon unilatéral assez risqué).

Non, je ne me suis pas mis à détruire les radars, ma solution est plus simple, plus économique et plus "zen". J’ai décidé de baisser tous mes seuils afin que, lorsque mon attention se relâche (mon attention au compteur, pas mon attention à la route), et que j’appuie un peu plus sur le champignon, ma vitesse reste quand même au-dessous de la vitesse maximale autorisée. Cela veut dire que sur les routes à 90, je fais comme si elles étaient à 80, et donc je suis parfois à 75. Cela veut dire que dans les passages limités à 50, je vise 40-45. Logiquement, dans les zones 30 je devrais me contenter de 25, mais j’avoue avoir plus de difficultés à m’y mettre, cela viendra peut-être. J’ai encore très peu expérimenté cette conduite sur les 2x2 voies à 110, je pense pouvoir m’y limiter habituellement à 95, et à 105-110 sur autoroute.

Il m’a fallu et il me faut encore me faire violence pour arriver à ces résultats, non par gout de la vitesse (j’en suis totalement dépourvu) mais parce que je n’aime pas gêner les autres. Celui qui va le moins vite gêne ceux qui arrivent derrière. J’ai essayé de prendre cela comme un jeu mais je n’y prends pas gout. Pour me soutenir le moral, je me dis qu’il s’agit-là d’une forme de contestation par un ralentissement volontaire des flux. Par des temps qui courent, "ralentir" n’est pas un mot d’ordre idiot. Et nous avons tout à gagner à l’appliquer, même le temps.

 
 
LE DEVENIR
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