Rupture

« Nous sommes dans l’agro », dit-il…

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jeudi 25 juin 2015

« Nous sommes dans l’agro », dit-il (mon patron), pour justifier ces incessantes demandes pour une heure de plus dans la journée (voire deux), ou pour le samedi (ceux du mois de mai, souvent, et quelques autres). En général, il obtient ce qu’il veut en se contentant, comme compensation, du minimum légal, c’est-à-dire des 25% supplémentaires au salaire horaire. Mais seuls ces +25% sont payés, car les 100% de base disparaissent dans la banque d’heure, banque que l’entreprise (ici le patron) utilise à sa guise en fonction des aléas de la "demande" et autres diverses circonstances. Alors au bout d’un moment on a l’impression de faire des efforts en échange de pas grand chose. On sait qu’on fait des efforts en échange de pas grand chose.

Alors on râle, et le patron se justifie en disant « Nous sommes dans l’agro » !

L’agro ?

 

CFSI ALIMENTERRE, Bande-annonce du film “Quand les éléphants se battent, les herbes sont piétinées”

 

CFSI ALIMENTERRE, Bande-annonce du film “Jus d’orange, une réalité acide”

 

(dans la vidéo suivante, l’article de Ouest-France n’est pas à jour concernant les appellations, leurs différences et les, ou plutôt la technique de fabrication utilisée en France ; même à sa date de parution il était en partie erroné, mais l’essentiel n’est pas dans ces détails-là)

 
Quant à moi, avant la fin de ma deuxième année d’activité sous la direction de ce patron, j’avais à peu près cessé de manger du poulet, du bifteck et des conserves industrielles. Si je n’ai finalement que peu ralenti ma consommation de charcuterie, j’ai un peu monté en gamme ; de même en ce qui concerne les fromages. J’avais déjà, depuis quelques années, totalement cessé d’acheter des jus de fruits, trouvant plus simple, plus sain et plus économique d’acheter des fruits, un peu plus de fruits.
Mais bon, mon enfance rurale au milieu du vingtième (siècle) m’a donné le goût des patates… et de la charcuterie (de porc).

 

L’essentiel n’est pas dans les techniques ni dans les appellations, mais dans les résultats pour les "économies" locales, la vie des communautés (lorsqu’elles existent encore), et la santé, ainsi que dans la logique poursuivie. « L’embargo russe pourrait induire un effet domino : non seulement des volumes devront trouver de nouveaux débouchés, mais les viandes séparées mécaniquement (VSM) contribuent à l’équilibre matière des filières découpes, » peut-on lire dans Agro distribution d’octobre 2014.

 

Oui, mon patron se justifie en arguant qu’il me fait travailler dans ce qui est devenu l’un des business les plus ignobles qui soient, aussi abject que le commerce des armes ; et sans doute aussi meurtrier, voire plus. Mais faut pas lui en vouloir, ce n’est pas sa faute si, comme tous les bons élèves, il n’a plus que de la marmelade dans la tête.

Samedi, je ne serai pas dans l’agro.

 

SideWays #8 [1] - Daniel, le boulanger qui réinventa son métier pour se libérer !

 

Tiens ! Celui-là me donne une idée…

[1«  SideWays "Enquête d’un autre monde" réalise des épisodes multimédia sur des projets et des personnes inspirantes.  »
http://side-ways.net/episode8/

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