Peuples sans limites

Le peuple, soubassement du capitalisme

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jeudi 3 décembre 2015

Le "peuple", selon Sophie Wahnich :

Mais le peuple ce n’est pas seulement le « petit peuple », c’est « l’universalité des citoyens ». « Peuple » est la catégorie politique de cette totalité divisée où d’une manière exceptionnelle, une partie du peuple peut incarner le tout, et au nom de ce tout introduire l’égalité dans les institutions politiques. De ce point de vue, le peuple est toujours orienté vers le projet démocratique et la partie qui incarne le tout n’est pas une catégorie sociologique mais politique.

Pour qu’il y ait du peuple, il faut des individus, peu importe leur milieu social, qui considèrent qu’ils ont la charge de résister à l’oppression politique et prennent le risque de l’interprétation politique de la situation. [1]

Voilà de la haute voltige intellectuelle, mais on ne recule devant rien lorsqu’il s’agit de défendre l’abstraction formant le pilier central de la structure idéologique soutenant le capitalisme, et qui a permis la destruction des communautés (familles, villages, pays – rien à voir avec des frontières –, confréries d’artisans, communautés de croyants – seule chose, probablement, que l’athée peut envier à ceux-ci –…), annihilant les liens qui libèrent et laissant libre cours aux chaînes "économiques" et techniques des marchands-spéculateurs-usuriers.

Certes, les vieux liens pouvaient asservir chaque fois qu’un leader s’en saisissait pour exploiter à son profit ou au profit d’une idée. Mais les chaînes du capitalisme sont par essence des chaînes d’asservissement. Elles asservissent même lorsque personne n’en profite.

Quant à l’asservissement par l’inertie des habitudes, il joue largement aussi bien avec les nouvelles chaînes qu’avec les anciens liens.

P.-S.

(le 5 décembre) A propos de ce "peuple", voir ce billet sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (la note, en particulier) et – j’aurai donc mis plus de huit années pour commencer à comprendre vraiment !

(le 30 décembre 2016) Et voir aussi  ; « Pour faire renaître une culture populaire – écrivais-je alors –, il faudrait d’abord commencer par faire renaître le peuple. Le peuple, les peuples et pas de fantasmatiques "nations". Les peuples, autrement dit le peuple dans l’infinie richesse de ses manifestations locales et toute la puissance de son devenir. » Je me trompais, puisque le peuple en question, s’il existe, n’est rien d’autre qu’une émanation de la culture populaire, les peuples n’existent plus lorsque leurs cultures ont disparues. Mais une nouvelle culture populaire peut advenir, et donc avec elle un nouveau peuple.

[notez tout de même que mon propos d’aujourd’hui est celui d’un récent traumatisé cranien (rire)]

[1Sophie Wahnich, chercheur au CNRS, auteure de La liberté ou la Mort. Essai sur la terreur et le terrorisme (La Fabrique, 2003), et de La Longue Patience du peuple. 1792, naissance de la République (Payot, 2008), dans un court entretien avec la revue L’Histoire parue en mai 2009 (n°342, p.56).

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