Rupture

De joyeuses fêtes sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ?

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mercredi 16 décembre 2015

Ce serait donc pour janvier. Voire…

Même si les forces de l’ordre sont obligés de réserver à l’avance un certain nombre d’hôtels, ce qui est difficile à garder secret, il est quand même assez curieux qu’on en soit informé par une presse régionale pas spécialement connue pour son soutien au mouvement "zadiste". Alors pourquoi ? Une hypothèse intéressante, si j’ose dire, est que l’évacuation serait en réalité programmée pour avant janvier, c’est-à-dire dans les prochains jours, voire pendant les fêtes. Beaux réveillons en perspective…

Mais je n’ai rien d’un stratège et dis peut-être des bêtises plus souvent qu’à mon tour.

Quoi qu’il en soit, l’incertitude ne réside plus dans la décision d’évacuer la ZAD mais bien dans le moment choisi. Il nous faut donc considérer que les actions menées par le pouvoir étatique pour, soi-disant, protéger la COP21, constituaient une répétition générale et un test. Ce test ne s’est pas trop mal passé, la digestion s’est à peu près faite. Ils ont le champ libre. Bien sûr, ils veilleront à ne pas systématiquement briser les portes…

Dans le même temps, les sirènes médiatiques répéteront en boucle que la ZAD est hors-la-loi et que les "zadistes" sont des hors-la-loi qui constituent un trouble à l’ordre public et un danger pour "les habitants de la région". Les occupants de la ZAD sont effectivement, dans une certaine mesure, hors-la-loi, mais que vaut une législation qui protège l’existence d’entreprises multinationales privées et qui, surtout, protège le caractère « privé » de ces multinationales ? Des entreprises qui s’étendent à travers la planète comme les fleuves à sa surface (Bouygues, Vinci, Total…) et comme le ciel au-dessus (Google…), ont un évident caractère public et sont à considérer, d’une certaine façon, comme d’« intérêt » public, oui, c’est-à-dire qu’elles entrent dans le champ du politique, qu’elles ne peuvent être « privés », qu’elles ne peuvent, non plus, être étatiques. Les opposants installés sur le site remettent en cause la loi et la République, oui, et c’est pour cela aussi qu’ils sont soutenus.

La température est élevée pour la saison, mais nous devrions tout de même nous attendre à connaître très prochainement quelques grosses difficultés de circulations ; article 5 de la Loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l’état d’urgence : « La déclaration de l’état d’urgence donne pouvoir au préfet […] 1° D’interdire la circulation des personnes ou des véhicules dans les lieux et aux heures fixés par arrêté ; 2° D’instituer, par arrêté, des zones de protection ou de sécurité où le séjour des personnes est réglementé ; 3° D’interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l’action des pouvoirs publics. »

Une autre hypothèse peut-être à considérer serait qu’au contraire les forces de défense du capitalisme vont attendre encore longtemps, et qu’ils veulent auparavant épuiser le mouvement dans l’attente et la préparation de la riposte à l’attaque, dans le "qui-vive", ou le pousser à attaquer lui-même d’une façon qu’il serait possible de qualifier de "terroriste" (par exemple). Je ne pense pas qu’ils puissent croire en l’épuisement du mouvement, ils sont fous (par leurs croyances) mais pas idiots ni aveugles. Peuvent-ils espérer une "faute" (à laquelle ils pourraient, si besoin est, contribuer) ?

Il y a peut-être encore d’autres possibilités, toutes simples et prosaïques si ça se trouve, mais personnellement je ne vois pas trop…

Mes deux hypothèses ne sont d’ailleurs pas vraiment contradictoires, cela fait déjà pas mal de temps que tout cela dure…

P.-S.

(17 décembre) Mais peut-être que l’État, chien de garde du capitalisme, n’est pas tout à fait près. Il veut modifier la Constitution de la République afin de rendre l’état d’urgence plus facilement exploitable. Plus exactement, l’État veut s’accorder la possibilité de maintenir longtemps, très longtemps, un état d’urgence plus ou moins partiel sur certaines parties du territoire qu’il gère. Il veut, en particulier, acquérir un droit "légitime" de mettre une partie de la Loire-Atlantique sous un régime d’exception ad vitam æternam (ou presque).

Mais attendra-t-il la fin de cette opération pour commencer la fête ?

 
 
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