Questions sur la science, questions scientifiques

Des pilules beaucoup trop faciles à avaler, mais si rentables !

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samedi 6 février 2016

Il y a, dans Le Monde Diplomatique de ce mois, un article relativement intéressant sur "la maladie d’Alzheimer" et la médecine contemporaine… Euh, je veux dire l’industrie pharmaceutique. Seulement "relativement" intéressant parce qu’il omet de souligner que le traitement du filon "Alzheimer" est représentatif de toute la psychiatrie contemporaine et même d’une grande partie du reste de la médecine. Extraits :

« Dès l’apparition des anticholinesthérasiques, la revue médicale indépendante Prescrire démontrait leur peu d’efficacité, leurs nombreux effets indésirables, leur dangerosité en cas de prescription durant plus d’un an […] Malgré les critiques, la Haute Autorité de santé (HAS) publiait en 2008 une recommandation qui maintenait leur remboursement, avec un service rendu jugé important. Le Formindep, une association de médecins […] a découvert des conflits d’intérêts majeurs touchant la moitié des 24 experts […] »

« M. Bruno Dubois, professeur de neurologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière et directeur de l’Institut de la mémoire et de la maladie d’Alzheimer, à Paris, a lui aussi reconnu des conflits d’intérêts, avant d’avouer au sujet de ces médicaments : "Je sais bien qu’ils ne servent à rien. Mais je suis obligé de dirent qu’ils servent un peu, car sinon, ça désespère le malade." »

En plus de cela, selon l’article, c’est le diagnostic lui-même de la maladie qui est sujet à caution. Il semble bien que l’on cherche à vendre à des "patients" atteints de troubles divers d’origines variées les mêmes pilules. C’est bien plus rentable.

« Professeur de psychopathologie et de neuropsychologie aux universités de Genève et de Liège, Martial Van der Linden mène une étude critique du modèle biomédical dominant. […] "Avec les critères imposés de la maladie d’Alzheimer, on réduit les personnes à une étiquette stigmatisante, explique-t-il. Dans les années 80, je me suis rendu compte que la réalité était beaucoup plus complexe, qu’il y avait une très grande diversité des cas, et des capacités préservées non prises en compte. Une grande partie des difficultés cognitives des personnes âgées sont dues à des problèmes vasculaires, à du diabète ou à de l’hypertension et, surtout, à l’âge !" »

Synopsis du film documentaire Flore, du réalisateur Jean-Albert Lièvre :

« Artiste peintre, Flore est atteinte de la maladie d’Alzheimer depuis plusieurs années. Elle a été "enfermée" successivement dans deux institutions [dont au moins un établissement de luxe]. Les traitements l’avaient rendue aphasique, muette, elle ne savait plus ni marcher, ni manger, ni sourire. Elle est devenue de plus en plus violente, agressive, "ingérable".
Pour les médecins, la seule perspective, c’était le placement dans une maison "sécurisée".

Contre l’avis général, son fils, Jean-Albert Lièvre et sa fille, Véronique, décident de l’installer dans la maison de famille, en Corse, entourée d’une équipe atypique. Là bas, pas à pas, mois après mois, pendant un an, elle va littéralement revenir à la vie.

Dans le récit d’une renaissance inespérée, on découvre que la terrible maladie d’Alzheimer ne se guérit pas. Mais qu’on peut vivre avec. »

Tout ceci n’est malheureusement pas spécifique à la façon dont le monde, aujourd’hui, traite les diagnostiqués "Alzheimer", c’est toute la psychiatrie contemporaine qui s’évertue à rendre plus malade ceux qui s’y adressent ou qu’on y adresse, les rendant rapidement totalement dépendant de la psychiatrie, et incapables, impuissants, plus malheureux encore. Et les enrichissant même de graves troubles somatiques. La psychiatrie moderne suffirait amplement à condamner ce monde, et pourtant on trouve encore des gens qui le défendent et veulent encore, par exemple, construire de nouveaux aéroports pour faciliter la vie des industriels-marchands !

(voir aussi sur Le Devenir Sur les bricoleurs de l’âme, Pour soigner l’âme, nous recourons toujours à la magie, La pilule (pas assez ?) dure à avaler, Le fonctionnement de la médecine contemporaine.

 
 
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