Notes ouvertes

Et des pratiques qui ne s’avalent pas

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mardi 23 février 2016

Je lis sur le site du Courrier de l’Ouest que « La santé mentale passe aussi par l’activité physique ». Oui, bien sûr qu’elle passe par là, elle passe même par l’activité en général, et une activité digne de ce nom est à la fois physique et "intellectuelle". Il est rassurant de voir chaque jour à quel point "notre" médecine psychiatrique tient compte de ce constat, que ce soit à l’hôpital psychiatrique ou dans les officines pharmaceutiques.

La pilule est plus rentable, que voulez-vous !!? Et puis pour le patient et ses proches, elle est magique : elle est censée transformer la citrouille en carrosse sans effort, sans… activités !

(ajouté le lendemain) Une activité digne de ce nom est une activité enracinante, c’est-à-dire une activité riche d’émotions partagées. Mais une activité solitaire passionnante et passionnée peut être aussi bienfaisante. Il est préférable que les émotions partagées soient positives, le simple rire par exemple, mais la souffrance partagée est enracinante elle aussi, tandis que toute activité sans émotion est ressentie comme ennuyeuse, et l’ennui est toujours mortel.

Bien sûr, la pilule est un concept beaucoup plus facile à comprendre et à gérer, et il alimente toute une filière marchande, tandis que l’organisation marchande de la société rend problématique toute activité spontanément collective, et même toute activité non tournée vers la rentabilité marchande. L’abandon de l’économie politique est le début de solution à tous nos problèmes.

En attendant, les carrosses tardent à apparaître et les citrouilles prennent vite de drôles d’allures. Car, comme une pilule seule ne parvient pas à faire advenir un carrosse, on en reprend continuellement. Et toujours pas de carrosse. Les citrouilles, volontairement maintenue déracinées, se meurent.

 
 
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