Ames perdues

Interrogations sur mon traitement, et autres balivernes

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dimanche 27 mars 2016

Pourquoi les vidéos (image et son) de Laboratorium Pieśni ne me font que du bien et pas toutes les vidéos (avec musiciennes ou chanteuses ou danseuses) des musiques que j’aime [1] ?

Je replace ici deux autres vidéos que j’ai beaucoup regardé et écouté depuis que je les avais placé dans Peuples sans limites. Voici la première (qui, au début, me fascinait presque), une mise en spectacle [2] de musiques et danses rituelles alévis :

 

Club "folklorique" de l’Université du Bosphore

 

Ça me fait penser à ce que je racontais ici il y a un an, à propos des spectacles, lorsque je remarquais combien les "spectacles" spontanés, pas spectacles par nature, étaient bien plus riches que les spectacles pensés et exécutés comme spectacle avec, généralement, un souci d’unité caractéristique de l’organisation militaire [3]. Généralement, les spectacles m’emmerdent, quand ils ne me révoltent pas. Mais alors pourquoi est-ce que je me régale de celui ci-dessus, ou encore de cet autre :

 

Kardeş Türküler en concert

 

C’est, je pense, parce que l’on sent bien, en regardant ces deux vidéos, qu’il ne s’agit pas seulement de spectacle, qu’il y a encore de la vie là-dedans, de la spontanéité, des désirs et des volontés personnelles qui s’expriment. En plus, en ce qui concerne le deuxième "concert", on devine que le public réagit, danse, et que le "public" transmet en retour de l’énergie à la scène [4]. Dans les deux cas, on sent que l’esprit d’union – essentiel dans les traditions d’origine de ces spectacles – reste plus fort que l’esprit d’unité nécessité par la volonté spectaculaire.

Mais la deuxième vidéo "que j’ai beaucoup écouté et regardé" n’est pas celle-là, la voici :

 

Dezilde a mi Amor, Al andaluz project

 

 

[1Comment cela pourrait-il faire du mal, me direz-vous. C’est justement l’une des questions que je me pose. J’en connais une réponse, pas forcément unique, et qui n’est valable qu’en cas d’addiction particulière du spectateur. J’essaierai d’expliquer cela plus tard – à ce propos, il faut que je pense à regarder Laboratorium Pieśni en début de journée, pour voir, pour vérifier qu’elles ne savent vraiment pas me faire du mal…
…Quand on sait qu’il suffit parfois, certains matins, de s’asseoir devant l’ordinateur et de lancer un navigateur ou un gestionnaire de fichier… Heureusement, je réapprends à me débrouiller tout seul, sans assistance-spectacle, juste avec mes rêves et ma mémoire. J’aimerais retrouver les éjaculations nocturnes de mon adolescence, la sérénité innocente, la virginité (😇).
(ajouté quelques mois plus tard) « Quand on sait qu’il suffit parfois, certains matins, de s’asseoir… » Oui, c’est presque ça. C’est la condition environnementale la plus corporelle qui est la plus déterminante (mis à part le moment de la journée) : le siège (en l’occurrence mon siège de bureau : il me suffit de prendre une chaise, rehaussée par un gros bouquin, pour diminuer considérablement le risque). Mais il fallait y penser ! –

S’il ne s’agit pas encore d’une explication, voilà tout de même en peu de mots un éclairage utile sur l’addiction sexuelle physiologique à un environnement et en particulier à des images. Sur le rôle de l’environnement, je peux ajouter une anecdote particulièrement révélatrice. J’ai fait un long voyage alors que j’étais déjà accro, il y a quelques années, voyage pendant lequel je n’ai eu presque aucun souci sexuel – et aucune aventure, mais cela est une autre question, quoique liée –. Sans mon angoisse permanente en présence de mon prochain, angoisse alors exacerbée par les aspects totalement inconnus des milieux où j’évoluais, c’eut été un voyage serein. Il n’y eut qu’un incident sexuel en deux mois et demi, à la fin des trois premières semaines, devant un programme télévisé… français (dans une petite chambre d’hôtel sans vrai fenêtre, à Hong-Kong), une activation physiologique que j’ai pu facilement et rapidement éteindre sans rechercher d’assistance (et téléviseur éteint). Pourtant, durant tout le voyage, il n’y a jamais eu d’éjaculation nocturne (rire).

(certains sites de presse me demandent depuis hier ou avant-hier de désactiver mon bloqueur de publicité, mais je ne bloque pas les publicités uniquement parce qu’elles peuvent occuper inutilement et polluer mon esprit, je les bloque avant tout parce que beaucoup d’entre elles ont actuellement sur mon corps le même pouvoir que le petit bout d’émission de variété française vu un soir à Hong-Kong)

[2En tant que rituel, c’est déjà un spectacle, mais reste essentiellement une prière ; voir les billets sur les danses prières des Alévis :
http://www.ledevenir.org/spip.php?article661
http://www.ledevenir.org/spip.php?article667

[3Mais… Dans le domaine du vivant, le spectacle est-il autre chose que ce qui est pensé et organisé a priori ? Autrement dit, à partir du moment où tout est pensé et organisé à l’avance puis se déroule sans anicroches, sans conflits, pouvons-nous obtenir autre chose qu’un spectacle ? Le spectacle volontaire ne serait alors rien d’autre que la négation involontaire du vivant par l’affirmation volontaire de l’esprit, et l’on comprendrait que les utopies ne pouvaient, par la même affirmation volontaire de l’esprit, que faire advenir une société du spectacle.

[4(ajouté le 7 avril) « Le public transmet en retour de l’énergie… » de façon assez similaire à ce qui se passe de nos jours dans les stades et à ce qui se passait jadis au théâtre. Aujourd’hui, au théâtre tout le monde se tient bien sagement, au point que les comédiens en sont venu à intervenir au milieu du public, dans l’espoir vain de réveiller les morts. Ce n’est plus qu’au stade qu’on s’exprime et qu’on se défoule, et dans certaines salles de concerts et festivals en plein air. Une évolution culturelle pas forcément rassurante.

 
 
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