Extraits

L’imposture écologiste
GIP Reclus 1993.

Une crise géographique à l’origine du capitalisme

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dimanche 17 avril 2016

« Des paysages qui nous semblent actuellement "naturels" ne sont en fait que création de l’homme et ne doivent pas nous faire oublier qu’en la matière l’évolution des emprises ou des déprises humaines règne en maîtresse. L’un des meilleurs exemples est probablement la situation de l’Europe occidentale à la fin du XIIIe siècle. À cette époque, les cultures recouvrent une surface considérable, qui ne sera atteinte de nouveau qu’au XXe siècle. Déjà, il n’y a pratiquement plus de milieux "naturels". Les campagnes et les villes prospèrent mais l’espace est saturé. L’époque est celle d’un "monde plein", qui devient progressivement un "monde fini" dans tous les sens du terme. La crise survient, sociale avec les guerres, politique avec la centralisation étatique, sanitaire avec les épidémies, démographique avec le recul de la population, agricole avec l’extension des friches. Au milieu du XVe siècle, la population s’est peut-être réduite de moitié. L’espace rural se démantèle : avancée des fronts forestiers, désintégration des aménagements hydrauliques, multiplication des marais et pullulement des espèces "nuisibles" à la limite des finages. Sa réorganisation demandera plusieurs siècles depuis la Renaissance, avec notamment la spécialisation horticole et laitière des Pays-Bas au XVIe siècle puis, à partir du milieu du XVIIe siècle, le mouvement des enclosures en Angleterre ainsi qu’aux Pays-Bas, mutations liées à l’élevage et aux cultures fourragères. »
Philippe Pelletier, L’imposture écologiste, GIP Reclus 1993, p.29-30.

P.-S.

(le 23 avril) Ce livre de Pelletier s’avère être le bouquin le plus décevant de ma bibliothèque ! Voir ici.

 
 
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