Notes ouvertes

D’une pratique sans perspective

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mercredi 18 mai 2016

Beaucoup, parmi ceux qui s’opposent au « monde » tel qu’il est, s’en prennent physiquement à ceux qui, à leurs yeux, le représentent. Souvent, leurs cibles ne sont pas des « hommes d’affaires » mais des « intellectuels » ou des « personnalités politiques » secondaires. Plus souvent encore, ce ne sont même pas des « personnalités politiques » mais des policiers, des policiers sans grade qui plus est ; la valetaille du pouvoir, quoi ! Et même pas : il ne s’agit là que de la valetaille de la valetaille du pouvoir.

Je ne suis pas certain que cette pratique à la fois défouloir et un tantinet désespérée puisse nous apporter du positif. Résister à la police, au pouvoir et à sa police, ne signifie pas haïr les policiers et chercher à les faire souffrir, voire mourir. Je sens comme le développement d’un ver, d’une pourriture au sein de la contestation, au sein de la rébellion hautement légitime, et même hautement nécessaire, aujourd’hui.

Quant au pouvoir, il ne se sait pas lui-même oppresseur, il se croit non seulement légitime mais nécessaire et bienfaisant, le progrès. En somme, le b.a.-ba du monde et L’Alphabet du monde. Ceux qui s’opposent au « monde » tel qu’il est, ou du moins qui cherchent à s’y opposer, croient aussi en la nature bienfaisante et nécessaire d’un progrès, d’une « modernité », et la vision qu’ils en ont n’est pas toujours très différente de la vision qu’en ont les pouvoirs, pas toujours, contrairement à ce que veulent bien se dire nos esprits paresseux.

 
 
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