Rupture

Orbital(e)

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jeudi 16 juin 2016

L’autre jour, lors de la grande manifestation parisienne contre la loi "travaille !", il y a eu des échauffourées à proximité immédiate d’un hôpital pour enfant et celui-ci s’est retrouvé avec une partie de ses vitres de rez-de-chaussée brisées. Le premier ministre (de gauche), Manuel Valls, à parlé d’un "hôpital dévasté" ; la ministre des affaires sociales (de gauche), Marisol Touraine, a dénoncé "une attaque insupportable" ; le ministre de l’intérieur (de gauche) Bernard Cazeneuve, parle, lui, de "hordes de manifestants violents" .

Ces gens ne semblent pas avoir conscience de ce qu’est une intervention des forces de l’ordre contre une manifestation. Il y a forcément des "balles" perdues. Il peut aussi y avoir quelques opportunistes venus là pour se défouler. Abstenons-nous d’évoquer sérieusement la possibilité d’un sabotage policier de la manifestation, étant donné qu’une possibilité plus évidente n’est pas à ignorer : l’entraînement collectif allié au déchaînement de passion provoqué et alimenté par la puissante action policière (canon à eau, grenades en tout genre, coups, arrestations) voulue par le gouvernement (de gauche).

Pourtant, « s’il est tout à fait probable que des pierres ou des canettes de bière aient pu endommager [la] façade [de l’hôpital], c’est surtout les coups de marteau portés par un ou deux manifestants qui ont causé la majorité des dégâts. On le voit sur cette vidéo  [1] tournée par un journaliste du Monde (à partir de 4’20") ».

Il va de soi qu’ un coup de marteau dans une vitre est plus susceptible de déranger les malades que l’explosion d’une grenade assourdissante…

 

Ce qu’il y a de bien avec ce pauvre gouvernement, c’est qu’il nous aide beaucoup à nous débarrasser enfin de la gauche – et de la pensée de gauche dans nos têtes –. Or, pour nous débarrasser de la droite comme pour nous débarrasser du capitalisme, il nous faut nous débarrasser de la gauche.
Sans nous débarrasser du jour, nous ne pourrons nous débarrasser de la nuit, ni du soleil. Or, il nous faut changer de soleil, changer de jour, changer de nuit ; or, il nous faut changer d’orbite.

 

source Libération, le 15 juin : http://www.liberation.fr/france/2016/06/15/l-hopital-necker-a-t-il-vraiment-ete-devaste-par-les-casseurs_1459622

 

P.-S.

(19 juin) Jusqu’à présent, la vie républicaine ressemblait à la façon dont on mène, dans les affaires criminelles, les interrogatoires des suspects. Il y avait deux types d’intervenants : le "gentil" et le "méchant". Avec une petite subtilité : il s’agissait pour une partie des politiciens de se montrer "gentil" avec les prolos et "méchant" avec les patrons, et inversement pour l’autre partie. On parlait de "droite" et de "gauche", une terminologie mettant en évidence qu’il s’agissait d’un même corps. C’était "la lutte des classes", côté scène. Mais le Parti Socialiste, n’ayant pas compris ou oublié à quoi servait ce concept, s’en est d’abord débarrassé, avant de se mettre à recruter des Valls et des Macrons. Et la belle harmonie fut perdue.

Pour la défense comme pour l’attaque, il y a toujours danger à ne pas comprendre ce qui assure la solidité d’une position, d’un mouvement, d’un règne.

[1Il s’agit d’une video sur l’«  application  » Périscope. N’étant pas équipé pour, je ne l’ai pas vu, mais il faut bien faire confiance quelquefois afin de pouvoir avancer, et cela cadre bien (tout comme le reste du récit) avec ce que je sais des manifestations et de l’époque.

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