Ames perdues

Évidence

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vendredi 8 juillet 2016

Les rides font, avec l’âge, ce que fait instantanément le rouge à lèvre : la mise en évidence de la fausseté ou de la véracité des sourires. En somme – c’est le cas de le dire –, les rides sont l’intégrale dans le temps de ce dont le rouge à lèvre est l’instantané : la vérité.

Le rouge à lèvre est toujours le contraire d’un maquillage.

Il est tout de même bizarre que l’on dénonce systématiquement une supposée laideur des unes tout en célébrant la supposée beauté de l’autre. Il est vrai que ce double point de vue sert le monde marchand…

P.-S.

(le 21 août 2016) Dans La Décroissance n°108 (avril 2014), une ancienne étudiante en sociologie devenue agricultrice bio affirme à propos de la publicité pour les cosmétiques : « Ces pubs jouent en permanence sur l’agressivité et la punition, sur notre peur de la mort sociale et physique. Mais au final, ce qu’elles nous disent, c’est que pour gagner ton paradis, ta vie doit être une vie de morte. Toutes les expressions de vie doivent disparaître, comme les petites marques de tes sourires. Il faut effacer la moindre ride, te protéger jusqu’à ne plus être dans la vie. Leur modèle, c’est un cadavre, sans expression sur le visage. »

Dans l’ensemble, La Décroissance ne m’intéresse pas beaucoup. Sur le plan théorique, c’est nul, il faut bien le dire. Sur le plan de la forme (mise en page, langage, style des dessins), je n’aime pas du tout ; à mes yeux, c’est gris et triste, voire dévalorisant. Mais on peut y trouver des témoignages intéressants, avec même des éléments théoriques solides ou de la poésie, ou les deux.

 
 
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